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Mondial-2018: France-Belgique, demie entre faux amis

Tout va très vite dans le football, et la demi-finale du Mondial-2018 contre la Belgique aussi, dès mardi: l’équipe de France est entièrement tournée vers ce rendez-vous entre amis qui n’aura rien d’amical.

“On a une première partie très positive, on imaginait le dernier carré, on y est. Ceci dit, maintenant, ce n’est pas suffisant”, a souligné auprès de l’AFP le président de la Fédération (FFF), Noël Le Graët.

Forcément: plus on se rapproche du soleil de la finale moscovite, plus se dessine la “deuxième étoile”, vingt ans après 1998, et réclamée dès fin mai par Emmanuel Macron, qui sera présent dans la cité des tsars, sans doute jusque dans le vestiaire. “A mon avis il descendra dire un petit coucou après le match, c’est l’habitude”, a confié Noël Le Graët.

Les liens sont forts voire inextricables entre les deux pays voisins, linguistiques, culturels, politiques etc. Footballistiques également, du capitaine belge Eden Hazard mis en orbite à Lille aux joueurs des deux sélections qui se côtoient en club.

“DD” contre “Titi”

Le coach des Bleus Didier Deschamps ravi de la victoire des siens face à l'Uruguay à Nijni Novgorod, le 6 juillet 2018

(credit photo AFP) Le coach des Bleus Didier Deschamps ravi de la victoire des siens face à l’Uruguay à Nijni Novgorod, le 6 juillet 2018

“Il y a une grosse rivalité entre la France et la Belgique, c’est une espèce de derby”, a avancé Olivier Giroud. Et pour l’avant-centre de Chelsea et les autres Bleus de Premier League — N’Golo Kanté (Chelsea), Hugo Lloris (Tottenham), Paul Pogba (Manchester United) — “c’est un match particulier: on n’a pas envie de se faire chambrer au retour en pré-saison” par les Belges qui évoluent à leurs côtés en Angleterre…

Hazard, “c’est presque un Français”, s’amuse Giroud. D’ailleurs, une photo circule sur internet où l’on voit les trois frères Hazard (dont les deux présents dans la sélection, Eden et Thorgan) portant le maillot bleu floqué du N.10 de Zinédine Zidane. Le troisième s’appelle… Kylian. Avec lequel Benjamin Pavard a joué à Lille.

Mais question retrouvailles, il y a surtout “DD” contre “Titi”. Ce n’est pas de la bande dessinée, thème privilégié par la presse française en clin d’œil au fameux coup de crayon belge, mais bien le duel attendu sur les bancs entre les ex-coéquipiers champions du monde et d’Europe Didier Deschamps et Thierry Henry, le sélectionneur des Bleus et l’adjoint du cerbère des Diables Rouges, l’Espagnol Roberto Martinez.

Le Français Thierry Henry, entraîneur adjoint de la Belgique au camp de base de Dedovsk, le 8 juillet 2018

(credit photo AFP) Le Français Thierry Henry, entraîneur adjoint de la Belgique au camp de base de Dedovsk, le 8 juillet 2018

Soit la première fois qu’un champion du monde 1998 sera opposé à l’équipe de France… “Ça fait bizarre de l’avoir contre nous”, et “je serais fier de pouvoir montrer à Titi qu’il a choisi le mauvais camp”, a dit Giroud à propos du meilleur buteur bleu de l’histoire (51 buts en 123 sélections).

“On n’a peur de personne”

Dimanche, c’était branle-bas de combat tactique à tous les étages, entre analyse vidéo et entraînement à huis clos. Les Bleus ont su exploiter les espaces laissés vacants par l’Argentine en 8e de finale (4-3) puis contrecarrer la force de l’Uruguay sur coups de pied arrêtés en quart (2-0).

“On travaille beaucoup tactiquement, rien n’est laissé au hasard, toutes les chances sont mises de notre côté: le coach nous donne toutes les clefs, à nous de les utiliser sur le terrain”, a avancé Giroud. Ne rien laisser au Hazard, mais rien non plus aux Romelu Lukaku et Kevin De Bruyne, autres fers de lance de la meilleure attaque du tournoi (14 buts).

Séance d'entraînement pour les Belges au camp de base de Dedovsk, en banlieue de Moscou, le 8 juillet 2018, à trois jours du match contre la France

(credit photo AFP) Séance d’entraînement pour les Belges au camp de base de Dedovsk, en banlieue de Moscou, le 8 juillet 2018, à trois jours du match contre la France

Le mental pèsera forcément. Les Belges ont remonté deux buts au Japon en 8e de finale (3-2) puis sorti le Brésil de Neymar (2-1). “On a éliminé le meilleur joueur du monde”, Lionel Messi, “il n’a pas touché le ballon”, avait plastronné samedi Lucas Hernandez. “On a joué auparavant contre de très grands joueurs, comme Messi, (l’Uruguayen Luis) Suarez, on n’a peur de personne”, a abondé Pavard dimanche.

Excès de confiance à l’horizon ? Pas sûr. Le plus jeune, Kylian Mbappé, qui pourrait guigner le Ballon d’Or du tournoi s’il était décisif mardi, a résumé la situation dès vendredi soir à Nijni Novgorod: “On a fait le plus long, mais il reste le plus dur”.

Publié le dimanche 8 juillet 2018 à 17:15, modifications dimanche 8 juillet 2018 à 17:15

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