Monde

Le Yémen touché par une grave épidémie de choléra

115 morts en 2 semaines

Le choléra a fait en deux semaines 115 morts dans un Yémen déchiré par la guerre.

Selon un communiqué d’un responsable du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), le choléra a fait en deux semaines 115 morts au Yémen.

Cette maladie entraîne une diarrhée sévère et une déshydratation parfois mortelle. Elle est provoquée par l’absorption d’eau ou de produits alimentaires contaminés par la bactérie vibrio. Celle-ci étant présente notamment dans les matières fécales.

Plus de 8.500 cas suspects ont été recensés dans les 14 provinces du pays.

Le 9 mai dernier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) annonçait déjà le décès de 34 personnes.

Citant un bilan du ministère yéménite de la Santé, Dominik Stillhart, le directeur des opérations du CICR a ajouté que 115 personnes étaient mortes de cette épidémie entre le 27 avril et le 13 mai.

Nous sommes maintenant confrontés à une grave crise de choléra.

A-t-il déclaré lors d’une conférence de presse dans la capitale Sanaa.

Des hôpitaux débordés dans un pays en guerre

Or, plus de deux ans après le début de l’intervention militaire saoudienne, dans un pays détruit par les bombes de la coalition arabe, les conditions d’hygiène et humanitaires sont catastrophiques.

Ainsi, les infrastructures hospitalières du pays ont été fortement endommagées par ces années de conflit, où la qualité de l’hygiène s’est fortement dégradée.

L’afflux des malades, souffrant de diarrhée et de vomissement, dépasse de loin les capacités d’accueil des centres hospitaliers.

Il y a jusqu’à quatre patients atteints de choléra dans un seul lit

A déploré Dominik Stillhart en ajoutant :

Certains patients restent dans le jardin. Ou même dans des voitures avec leurs équipements de perfusion intraveineuse pendant de la fenêtre du véhicule.

Désormais, l’OMS a classé le Yémen comme l’une des plus grandes urgences humanitaires de la planète avec la Syrie, le Soudan du Sud, le Nigeria et l’Irak.

Urgence sanitaire

Le manque d’hygiène à Sanaa s’est empiré la semaine dernière avec une grève des éboueurs. Ceux-ci réclamaient leurs salaires impayés.

Dès lors, des tas d’ordures nauséabondes ont jonché pendant plusieurs jours les rues et les places de la capitale. Ce blocage a largement contribué à la dégradation de l’hygiène dans la ville.

Or, un responsable local de l’OMS, Jameel Nashir, a appelé les habitants à soigner leur « hygiène personnelle ». Il les a également incité à prendre « conscience de la dangerosité de la maladie ».

Néanmoins, dans cette ville où le robinet ne coule dans certains quartiers qu’un jour par mois, les quelques 2 millions d’habitants dépendent des forages privés. Ces derniers puisent l’eau dans des nappes phréatiques en voie d’épuisement et la revendent dans des camions-citernes.

Publié le lundi 15 mai 2017 à 11:08, modifications lundi 15 mai 2017 à 9:18

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