Monde

Une vidéo de viol collectif secoue le Mali

Cette affaire sordide a pris une ampleur nationale, au point qu’elle pourrait bien faire évoluer les choses dans ce pays encore très conservateur sur le plan des moeurs.

La vidéo très graphique d’un viol collectif commis sur une jeune malienne circule sur les réseaux sociaux depuis le début du mois de février. Cette affaire sordide a relancé un débat de fond sur certains tabous dont souffre encore la société malienne, et de nombreux défenseurs des droits des femmes en ont profité pour faire entendre leur voix.

Des suspects arrêtés

La vidéo du crime, qui dure 2 minutes et 34 secondes, est atroce. Selon France 24, on peut y voir une jeune femme, portant uniquement un tee-shirt, immobilisée par 3 hommes pendant qu’un autre la viole. Puis, l’auteur de la vidéo se met à la violer à son tour, tandis que la victime se débat, hurle et pleure.

C’est à Bamako, la capitale du Mali, que ces faits sordides se sont produits, vraisemblablement dans les premiers jours du mois de février. La vidéo a ensuite été postée sur les réseaux sociaux ainsi que plusieurs applications de messagerie. Les autorités se sont ensuite penchées sur cette affaire lorsque Balla Mariko, membre d’une association luttant contre les violences envers les femmes, est tombée sur la vidéo et en a alerté les forces de l’ordre.

Quelques jours plus tard, le 7 février, la victime du viol s’est rendue auprès de la police de Bamako pour porter plainte. Puis, 4 suspects âgés de 16 à 25 ans, ont été arrêtés, et le Premier ministre du pays a même posté la photo des 4 assaillants sur Twitter. Cette affaire a donc très vite pris une ampleur nationale.

Un sujet tabou au Mali

Interrogé sur ce sujet, le président de l’Association malienne des droits de l’homme (AMDH) Moctar Mariko a tenu à rappeler que le viol reste un sujet tabou dans la société malienne. Cela se fait d’ailleurs souvent au détriment de la victime, puisque les affaires de ce type sont souvent étouffées par sa famille, afin d’éviter d’être déshonorée publiquement.

Comme le viol est considéré comme une atteinte profonde à l’honneur de la famille, lorsque cela arrive, les familles de la victime et du coupable se rencontrent et vont régler ça avec un imam. On se met d’accord pour étouffer l’affaire. On explique à la victime qu’il ne faut pas faire de procédure judiciaire, qu’il faut éviter un procès, car en somme, il faut éviter que ça se sache. En plus du déshonneur, il faut savoir qu’une fille qui a été violée aura beaucoup de mal à se marier, on lui rappellera toujours son passé.

Pour Moctar Mariko, la médiatisation de cette affaire pourrait bien faire changer les choses au Mali. 13 ONG en ont également profité pour demander des peines exemplaires pour les auteurs de ce crime sordide. Le viol est puni par des peines de réclusion criminelle allant de 5 à 20 ans au Mali, et les choses sont progressivement en train de changer, avec l’adoption de projets de loi progressistes, notamment pour lutter contre l’excision des femmes, un autre sujet tabou au Mali.

Publié le vendredi 16 février 2018 à 12:36, modifications vendredi 16 février 2018 à 10:30

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