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Une sénatrice et deux militants communistes français arrêtés en Turquie (PCF)

Une sénatrice, Christine Prunaud, et deux militants communistes ont été arrêtés dimanche à Agri (est de la Turquie) alors qu’ils étaient venus comme observateurs des élections à l’invitation d’un parti pro-kurde, a annoncé le PCF dans un communiqué.

“Ils ont été arrêtés et empêchés de réaliser leur mission. Ils ont été auditionnés par un procureur qui leur a soustrait leurs passeports. Ils sont retenus au commissariat jusqu’à la fin des opérations de vote”, a précisé ensuite à Franceinfo le secrétaire général du Parti communiste, Pierre Laurent.

“Christine Prunaud m’a dit qu’ils seraient retenus jusqu’à 17 heures dans une gendarmerie et ensuite assignés à leur hôtel”, a déclaré à l’AFP la présidente du groupe communiste du Sénat, Eliane Assassi, qui s’est entretenue brièvement avec sa collègue par téléphone.

Outre Christine Prunaud, sénatrice des Côtes d’Armor et membre de la commission des Affaires étrangères de la Haute assemblée, la délégation comprend Hulliya Turan, secrétaire départementale du Bas-Rhin, et Pascal Torre, membre du secteur des Relations Internationales au PCF.

L’agence turque Anadolu a de son côté rapporté que 10 étrangers, dont trois Français, trois Allemands et trois Italiens, avaient été interpellés, accusés, selon l’agence, d’avoir tenté de se faire passer pour des observateurs internationaux.

Le PCF a répondu à un appel du HDP, le principal parti prokurde, a expliqué Pierre Laurent.

Les émissaires du PCF étaient sur place pour “une mission d’observation de nature citoyenne comme cela se fait dans d’autres pays”, afin de s’assurer qu’aucune fraude n’était commise, car “il y a eu des doutes lors des précédentes élections sur la sincérité du scrutin.” “On n’a pas du tout caché la raison pour laquelle ils se rendaient sur place”, a assuré le patron du PCF et sénateur.

Le PCF “condamne ces méthodes, qui ne font que le renforcer résolument à rester aux côtés des démocrates de Turquie qui entendent mettre un terme à la dictature de R.T. Erdogan”, selon son communiqué.

La Turquie votait lors d’élections présidentielle et législatives âprement disputées entre le chef de l’Etat, Recep Tayyip Erdogan, qui brigue un nouveau mandat aux pouvoirs renforcés et une opposition galvanisée, sur fond de difficultés économiques. Le principal parti d’opposition turc a dénoncé des tentatives de fraude.

Publié le dimanche 24 juin 2018 à 16:50, modifications dimanche 24 juin 2018 à 18:36

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