Monde

Un maire au pilori pour ne pas tenir ses promesses en Bolivie

Javier Delgado, un maire bolivien a a eu une très mauvaise surprise en étant pris au piège pendant 40 minutes.

Javier Delgado, un maire bolivien a été pris au piège par des administrés mécontents. Il s’est retrouvé bloqué pendant 40 minutes, dans une sorte de pilori. Une mesure qui interroge d’un point de vue légal.

Troisième fois que ce maire est pris au piège

Il ne faudrait pas que cela donne des idées aux administrés mécontents en Europe. Javier Delgado, un maire bolivien se rendait la semaine dernière dans une communauté indigène. Il pensait alors venir célébrer avec eux la réalisation de travaux. Mais, en chemin il est tombé dans un piège. Ses administrés d’une autre communauté mécontents de son travail étaient bien décidés à le mettre au pilori. A son arrivée, ils l’ont donc attrapé et l’y ont accroché par la jambe. L’élu a finalement du patienter… 40 minutes.

Les habitants étaient aussi énervés selon la BBC parce que Javier Delgado ne les recevait jamais dans son bureau. “Ils ne m’ont pas laissé parler. J’ai préféré accepter sans rien dire plutôt que de provoquer une polémique plus importante” explique-t-il ensuite. Il faut dire qu’il commence à avoir l’habitude. C’est la troisième fois qu’il se fait ainsi “capturer” par une communauté indigène locale. Il précise toutefois que son action est mal comprise ou interprétée et qu’il a tenu toutes ses promesses.

Un phénomène fréquent ?

Si ce maire a eu la malchance de se faire déjà surprendre à trois reprises, est-ce pour autant un phénomène fréquent ? Selon les experts interrogés par la BBC, cette pratique spécifique serait unique à cette communauté. Mais, de façon plus générale, les châtiments ou punitions infligées par une communauté sont quelque chose de plus courant dans la zone. On l’avait déjà vu il y a quelques semaines au Pérou. Un homme qui avait tenté de violer une femme avait été fouetté par les membres de la communauté.

Est-ce légal ? C’est une deuxième question plus complexe à trancher. La Bolivie comme le Pérou reconnaît la justice indigène. Sur les territoires d’une communauté, c’est la loi de la communauté qui s’applique. Mais, celle-ci répond aussi à des critères spécifiques. Selon Boris Miranda, un journaliste bolivien, ce n’est pas le cas ici. “En Bolivie, ce n’est pas considéré comme de la justice classique, ni indigène, ni aymara, rien. C’est une punition qui fait partie des usages de certains groupes et syndicats qui est bien entendu illégal.” Pour autant, Javier Delgado a déjà annoncé qu’il ne porterait pas plainte. Selon lui, les habitants l’auraient laissé s’expliquer après et ils se seraient séparés en bons termes.

Publié le dimanche 4 mars 2018 à 17:32, modifications dimanche 4 mars 2018 à 15:57

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