Monde

Turquie : Après Mathias Depardon, au tour du journaliste Loup Bureau d’être emprisonné pour « terrorisme »

Interpellé à la frontière entre l’Irak et la Turquie, le journaliste indépendant Loup Bureau a été placé en détention mardi 1er août.

Soupçonné « d’activités terroristes » en lien avec des combattants kurdes de Syrie, Loup Bureau, un journaliste indépendant français a été placé en détention mardi 1er août par les autorités turques.

Selon l’AFP, il a été interpellé au poste-frontière de Habur entre l’Irak et la Turquie, la semaine dernière.

Une source sécuritaire citée par l’agence de presse turque pro-gouvernementale Anadolu a affirmé que le journaliste de 27 ans avait été arrêté en possession de photos. Ces dernières le montrant en compagnie de combattants kurdes syriens, le groupe YPG.

Des unités que le gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan considère comme une extension des séparatistes kurdes de Turquie, le PKK. Or, les groupes YPG et le PKK sont classés « organisations terroristes » par la Turquie qui les combat militairement.

Ainsi, après avoir passé cinq jours en garde à vue, il a été incarcéré dans la ville de Sirnak. Elle est située dans le sud-est à majorité kurde de la Turquie. A la frontière entre l’Irak et la Syrie, selon les sources judiciaires.

En ligne de mire des autorités turques : un reportage réalisé en 2013 pour TV5 Monde auprès de combattants kurdes en Syrie.

Il s’est vu reprocher le fait de travailler sans autorisation en Turquie.

A expliqué son père au micro de l’AFP.

Nous ne sommes pas dupes, la seule raison pour laquelle Loup Bureau a été interpellé, c’est parce qu’il est journaliste.

A, de son côté, estimé son avocat, qui a rappelé qu’un an après la tentative de coup d’Etat

la Turquie vit une série d’épreuves institutionnelles et souhaite garder un contrôle extrêmement important sur les medias.

Des atteintes régulières à la liberté de la presse en Turquie

L’inculpation de Loup Bureau s’inscrit dans une série d’arrestations arbitraires de journalistes occidentaux sur le sol turc.

En effet, il y a quelques mois, le photojournaliste français Mathias Depardon, installé à Istanbul depuis cinq ans a, lui aussi, été arrêté, à Hasankeyf (dans la région de Batman), dans le sud-est à majorité kurde du pays.

Ainsi, il avait été interpellé, parce qu’il travaillait sans carte de presse. Malgré un ordre d’expulsion notifié peu après son arrestation, le journaliste a été maintenu un mois en détention avant d’être chassé.

Cette fois, la situation est bien plus alarmante : Loup Bureau est inculpé. Il est formellement mis en cause par les autorités turques. Elles emprisonnent en masse les journalistes qui souhaitent faire preuve d’indépendance. En parlant de la guerre que mène la Turquie à sa frontière syrienne.

A déclaré l’avocat de Loup Bureau, Maître Pradel.

Or, celui-ci a mandaté un avocat sur place pour réclamer la libération du reporter. Il représentera le journaliste lors d’une nouvelle audience qui doit se tenir dans les prochains jours.

De son côté, le ministère des Affaires étrangères a fait savoir qu’il suit « avec la plus grande attention la situation » de Loup Bureau.

L’ambassade de France à Ankara est en contact avec les autorités locales. Afin de pouvoir exercer au plus vite la protection consulaire.

A précisé un porte-parole du ministère.

Par ailleurs, les organisations de défense de la liberté de la presse dénoncent des atteintes régulières à cette liberté de la part des autorités turques, notamment depuis la tentative de coup d’Etat du 15 juillet 2016.

Rappelons que la Turquie occupe la 155ème place sur 180 au classement 2017 de la liberté de la presse établi par Reporter sans Frontières.

 

Publié le jeudi 3 août 2017 à 17:44, modifications jeudi 3 août 2017 à 17:44

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !