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Tunisie: Annulation de l’obligation de test anal sur les homosexuels

Depuis peu, la Tunisie semble prête à assouplir la plupart des lois de sa République. Le pays a connu quelques bouleversements depuis la fuite de l’ancien président Zine el-Abidine Ben Ali en 2011. Sa succession s’est faite non sans mal mais le gouvernement est désormais stable et tente de se soucier des droits de tous ses citoyens.

En juillet 2017, la Tunisie votait une loi contre les violences conjugales envers les femmes. Elles peuvent maintenant bénéficier du statut de victime et l’État s’est engagé à les protéger des abus dû à leur genre. Puis, le 13 août dernier, date de la Fête de la Femme et de la Famille en Tunisie, le Président de la République Beji Caid Essebsi proposait à son gouvernement d’abolir la circulaire ministérielle de 1973. Elle interdisait aux Tunisiennes musulmanes d’épouser un non-musulman. Cette proposition, acceptée le 15 septembre a été saluée par la plupart des organisations de la société civile. Mais le pays ne veut pas s’arrêter là et paraît prêt à mettre fin à des pratiques d’un autre âge.

Fin du test anal obligatoire pour les homosexuels

La République tunisienne veut visiblement faire preuve de progrès en matière de libertés. Jusqu’à maintenant, le Code Pénal tunisien peut obliger les homosexuels à subir un test anal, s’ils sont poursuivis pour leurs pratiques sexuelles. Mehdi Ben Garbia, le ministre des Droits de l’Homme tunisien, a récemment annoncé que le pays s’engageait à mettre fin à cette pratique mais n’a cependant pas indiqué de date de mise en vigueur. Il explique:

Un juge pourra encore demander à une personne poursuivie pour homosexualité de faire un test anal. Mais elle aura tout droit de le refuser sans que son refus soit retenue comme preuve d’homosexualité. Ces examens ne pourront plus être imposés de force, ni physiquement ni moralement, et sans le consentement de la personne concernée. L’État tunisien s’engage à protéger la minorité de toute forme de stigmatisation, discriminations et violences et d’empêcher tous les tests et examens anaux anarchiques.

Malgré tout, la loi n’est cependant pas abrogée. Le ministre précise qu’il faut tout d’abord préparer la société civile.

L’homosexualité reste donc considérée comme un délit dans le pays. La Tunisie punit encore la sodomie de 3 ans de prison. Les personnes LGBT tunisiennes sont toujours victime d’un rejet hostile et la législation est rarement en leur faveur.

Publié le lundi 25 septembre 2017 à 10:14, modifications lundi 25 septembre 2017 à 10:51

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