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Syrie : L’Etat islamique chassé de Raqqa, leur ancienne capitale autoproclamée

Les Forces démocratiques syriennes ont annoncé avoir repris la ville de Raqqa en Syrie, aux prises du groupe État islamique depuis 2014.

Presque un an aura été nécessaire pour chasser l’Etat islamique de Raqqa. Ainsi, pas moins de 30.000 hommes, environ 25.000 Kurdes et 5.000 Arabes, ont été engagées dans cette opération de longue haleine pour reprendre la capitale autoproclamé syrienne du groupe terroriste.

Raqqa libérée

La chute de Raqqa, annoncée par un porte-parole des Forces démocratiques syriennes (FDS), est un échec cuisant pour l’Etat islamique qui voit là un nouveau fief lui échapper, après Mossoul en Irak, libérée en juillet dernier. En effet, la ville était considérée comme le centre névralgique de nombreux attentats commis en Europe.

Les opérations militaires à Raqqa ont pris fin. La ville est sous le contrôle total des Forces démocratiques syriennes.

A annoncé mardi 17 octobre Talal Sello, un porte-parole de cette alliance de combattants kurdes et arabes entrée début juin dans cette métropole du nord de la Syrie.

Ainsi, le drapeau des combattants de la coalition a été fièrement planté sur la place qui fut le haut lieu des atrocités de l’Etat islamique depuis 2014.

En effet, le Square Al-Naim, square du paradis en arabe, fut pendant trois ans le lieu des exécutions publiques et des parades militaires du groupe terroriste.

Une ville dévastée

Cependant, pour libérer la ville, il aura fallu quatre mois de combats acharnés qui laissent la ville entièrement dévastée.

En outre, depuis le début de l’offensive lancée en juin, plus de 3.000 civils ont fui Raqqa. Or, en début de semaine, il restait moins de 300 djihadistes étrangers, bien déterminés à se battre jusqu’au bout.

En effet, selon Talal Sello, il ne reste plus de civil à Raqqa hormis des familles de combattants du groupe Etat islamique.

Il n’y a désormais plus de civils pris au piège comme bouclier humain. Il reste seulement 250 à 300 terroristes étrangers qui ont refusé l’accord. Ils ont décidé de se battre jusqu’au bout, avec des proches de certains de ces combattants

Ce mardi les Forces démocratiques syriennes étaient parties à la reconquête d’un hôpital. Ainsi que d’un stade municipal dans le centre de Raqqa. Les deux dernières places fortes de l’Etat islamique, dans lesquelles étaient retranchées plusieurs dizaines de djihadistes étrangers.

Devant une défaite devenue imminente, certains jihadistes ont négocié leur départ en bus vers une autre zone tenue par l’organisation terroriste. D’autres ont préféré déposer les armes.

Éliminer les cellules dormantes

Or, les ultimes affrontements contre ces derniers jihadistes étrangers retranchés ont été décrits comme « les plus durs » par Talal Sello.

Les derniers combats vont mettre fin à la présence de Daech. Cela signifie qu’ils ont le choix entre se rendre ou mourir.

Toutefois, le général Dominique Trinquand a alerté mardi sur « les mines, les tunnels, les pièges » qui menacent toujours Raqqa.

Il y a actuellement des opérations de ratissage pour éliminer les cellules dormantes. Et pour déminer la ville.

Dans la province de Deir Ezzor, voisine de Raqqa, les jihadistes sont aussi confrontés à deux offensives distinctes. D’un côté les forces du régime syrien, soutenues par l’aviation russe. De l’autre les FDS, appuyées par la coalition internationale.

À Raqqa, d’après un bilan de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), la bataille et les bombardements ont fait au moins 3.250 morts, dont 1.130 civils, en quatre mois.

Déclenché en 2011 par la répression gouvernementale de manifestations pacifiques, le conflit en Syrie s’est alambiqué avec l’implication de pays étrangers et de groupes jihadistes. Il a fait plus de 330.000 morts et des millions de réfugiés.

Publié le mercredi 18 octobre 2017 à 9:50, modifications mercredi 18 octobre 2017 à 9:50

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