Monde

Syrie : L’Etat islamique a repris Palmyre

Des unités djihadistes plus fortes et très mobiles

En dépit des bombardements russes, l’Etat islamique est parvenu à reprendre le contrôle de la ville de Palmyre.

Profitant de la mobilisation de l’armée syrienne à Alep, le groupe Etat islamique a lancé un assaut éclair dans Palmyre. Ainsi, depuis dimanche 11 décembre, la cité antique est de nouveau contrôlée par les soldats de Daech.

Pourtant, dans la nuit de samedi à dimanche, les bombardiers russes avaient mené pas moins de 64 raids contre des positions et convois de l’organisation terroriste.

En vain…

Selon le général Trinquand, ancien chef de la mission militaire auprès de l’ONU et cité par Le Monde :

L’État islamique a su faire preuve d’une capacité inquiétante à mener des manœuvres stratégiques. Les occidentaux pourraient s’engager au sol, ce qui serait une catastrophe sur le plan psychologique.

En effet, extrêmement mobiles, les djihadistes ont été capables de reculer puis d’avancer dès que la situation le leur permettait.

Rappelons que Daech s’était emparé de Palmyre en mai 2015. Il avait alors détruit une partie des ruines antiques de la ville, classée au patrimoine mondial de l’Humanité. Il en avait été chassé en mars dernier.

Ainsi au bénéfice d’un repli des soldats russes et syriens d’une base voisine en milieu de semaine dernière, quelques 4 000 combattants de Daech se sont rapprochés jeudi de la cité antique.

Ils ont d’abord repris des champs gaziers et pétroliers des alentours. Dès samedi, ils ont lancé plusieurs assauts contre la ville que l’on nomme «la Perle du désert».

Selon l’armée russe, les raids aériens russes auraient permis de tuer plus de 300 combattants de l’État islamique. De plus, ils auraient détruit 11 chars et 31 véhicules. Cela n’a pourtant pas empêché l’Etat islamique d’infliger un revers aux forces syriennes et à leurs alliés russes dans la ville, véritable trésor de la richesse culturelle syrienne.

Cette malheureuse reconquête intervient alors qu’à Alep, plusieurs milliers de civils continuent de fuir les combats.

L’armée gouvernementale de Bachar el-Assad a en effet resserré l’étau sur les rebelles assiégés à Alep-Est, qu’elle contrôle désormais à 85 %. Des négociations sont actuellement en cours entre Russes, Américains et Turcs. L’objectif étant de permettre l’évacuation des insurgés et des civils, pris au piège par les violences.

Hélas, la pression exercée sur Alep a manifestement fait le jeu de l’Etat islamique.

Il faudrait beaucoup d’hélicoptères pour arrêter les djihadistes dans le désert, or de nombreux appareils sont mobilisés à Alep-Est.

A déclaré Talal Barazi, le gouverneur de Homs dont dépend Palmyre.

Ainsi pour les experts, l’armée syrienne, dont les effectifs se réduisent considérablement, reste très dépendante de ses alliés russe et iranien, comme l’a illustré l’offensive lancée par Daech sur Palmyre.

Publié le lundi 12 décembre 2016 à 15:17, modifications lundi 12 décembre 2016 à 15:10

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