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Syrie : Les Kurdes créent une région autonome

Les Kurdes de Syrie ont officiellement annoncé l’établissement d’une région fédérale dans le nord de la Syrie, où ils sont implantés.

Ils ont, en effet, publiquement déclaré, jeudi 17 mars, l’établissement d’une région fédérale sur les zones sous leur contrôle au Nord de la Syrie.

Le système fédéral a été approuvé pour la région de Rojava (Kurdistant syrien)

a affirmé Sihanouk Dibo, un responsable du PYD.

Pour rappel : le PYD est le parti de l’Union Démocratique et est le principal parti kurde en Syrie. Il est affilié au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), considéré comme illégitime par la Turquie.

Il s’agit d’un pas de plus vers leur autonomie qui risque de troubler les négociations, déjà laborieuses, de l’ONU et d’un côté ,le régime de Bachard el-Assad et l’opposition de l’autre.

Alors qu’aucune amélioration des rapports se profilent entre l’opposition et le régime de Damas, les deux ont pourtant trouvé un sujet de concorde : ils ont rejeté unanimement la nouvelle région fédérale des Kurdes.

Le ministère des Affaires Etrangères a mis en garde contre :

Toute atteinte à l’unité du territoire et du peuple syrien

alors que la Coalition de l’opposition s’insurgeait, dans un communiqué, contre :

Toute tentative de former des entités, des régions ou des administrations qui confisquent la volonté du peuple syrien.

Les Kurdes mettent en avant que leur projet de région fédérale est fondée sur une base territoriale et non ethnique, avec des représentants de la population arabe et les autres minorités de ces zones.

Pour Khaled Issa, représentant du PYD en France :

Ce sera une administration avec des références ni nationalistes, ni confessionnelles.

Alors que les Kurdes syriens sont des acteurs indispensables dans la crise syrienne, (ils contrôlent désormais 14% du pays dont les trois-quarts de la frontière avec la Turquie), ils ne sont pas associés aux négociations de Genève.

Ces pourparlers sont pourtant centrés sur les modalités de transition politique en Syrie, pour qu’enfin le pays sorte d’un conflit qui a déjà fait plus de 270 000 morts.

Cet isolement s’explique notamment par le rejet total de la Turquie à leur égard, considérant leur parti, le PYD, comme « terroriste » et craignant des conséquences néfastes sur sa propre communauté kurde (déjà source de conflits en Turquie).

Cependant, en proclamant un système fédéral, comprenant l’union de trois « cantons » kurdes (Afrine, Kobané et Jaziré) avec les régions récemment conquises aux jihadistes dans le Nord de la Syrie, les Kurdes veulent avant tout manifester leur désir d’être intégrés aux négociations politiques de l’ONU.

Rappelons que les Kurdes représentent une communauté présente sur quatre pays de la région : Syrie, Turquie, Iran et Irak. Sur le nord de l’Irak, les Kurdes disposent déjà depuis plus de dix ans d’une République fédérale, légalisée par la Constitution irakienne de 2005.

Les Etats-Unis, qui pourtant parrainent les combattants kurdes dans leurs actions contre l’Etat islamique, ont notifié qu’ils ne reconnaîtraient pas la création d’une région fédérale autonome en Syrie.

Cependant, le porte-parole du département d’Etat, Mark Toner a temporisé :

« Washington n’est pas opposé au fédéralisme si le peuple syrien choisit ce système dans le cadre d’un accord politique négocié.

Publié le vendredi 18 mars 2016 à 15:19, modifications dimanche 20 novembre 2016 à 1:25

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