Monde

Syrie : Courte trêve humanitaire décrétée par la Russie

Alors qu’une « pause humanitaire » à Alep a été décidée par la Russie pour une durée de 10 heures, les rebelles ont relancé avec force leur offensive contre les quartiers gouvernementaux.

Dix heures, c’est la durée de la « pause humanitaire » à Alep, décrétée par la Russie, l’alliée du régime syrien.

Elle est entrée en vigueur ce vendredi 4 novembre au matin, mais personne n’a semble-t-il emprunté les « couloirs humanitaires » pour quitter les quartiers rebelles assiégés.

Pourtant cette trêve, qui doit expirer à 17 heures GMT, avait pour objectif de permettre, outre l’évacuation de civils, le départ des combattants rebelles qui le souhaiteraient vers d’autres régions sous leur contrôle.

En déclarant cette pause humanitaire, le chef de l’état-major russe Valéri Guerassimov avait déclaré :

Vu que nos collègues américains sont incapables de séparer les groupes d’opposition des terroristes, nous nous adressons directement aux leaders de tous les groupes armés et les appelons à mettre fin aux combats et à quitter Alep avec leurs armes.

Il s’agit surtout pour le régime de Bachar al-Assad d’isoler les combattants de la rébellion, puisque le contrôle d’Alep est déterminant pour asseoir son pouvoir dans le nord de la Syrie, ravagée depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 300 000 morts.

A l’inverse, à l’annonce de cette trêve, les rebelles ont relancé jeudi 3 novembre avec force leur offensive contre les forces gouvernementales dans la deuxième ville de Syrie pour briser le siège imposé par le régime syrien aux quartiers qu’ils contrôlent dans la partie Est de la ville.

L’agence officielle Sana a affirmé que sept roquettes avaient été tirées sur la route du Castello et que « les groupes terroristes ont empêché les civils de quitter les quartiers-est », contrôlés par les rebelles.

Mais l’ONU a fait savoir vendredi 3 novembre qu’elle n’était « pas impliquée » dans « cette annonce unilatérale » et un responsable d’un groupe rebelle a dénoncé une initiative sans « aucune valeur ».

Les opérations humanitaires ne pouvaient pas être subordonnées à des initiatives politiques ou militaires.

Plus de 250 000 personnes vivent dans les quartiers sous contrôle des rebelles, privées d’aide humanitaire depuis juillet dernier et menacées de pénurie alimentaire selon les Nations Unies.

L’armée syrienne, soutenue par l’aviation russe, avait lancé le 22 septembre une vaste offensive pour rendre les quartiers est d’Alep, qui a fait 500 morts selon l’ONU et a entraîné la destruction d’infrastructures civiles. Cela avait sans doute contribué à ce que la Russie soit rejetée du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.

Les Occidentaux avaient alors dénoncé des « crimes de guerre », poussant Moscou à décréter le 18 octobre un arrêt des bombardements sur Alep, en « geste de bonne volonté ».

Publié le samedi 5 novembre 2016 à 11:03, modifications dimanche 20 novembre 2016 à 1:24

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !