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Syrie : Comprendre la bataille qui se joue à Raqqa

Sept mois après le début de l’offensive pour assiéger Raqqa, les Forces démocratiques syriennes sont entrées dans la ville dont l’Etat islamique a fait son principal bastion en Syrie. Pour le porte-parole de cette alliance arabo-kurde, soutenue par les Etats-Unis, la « grande bataille de Raqqa » est désormais lancée.

L’assaut sur la ville de Raqqa en Syrie a commencé ce mardi 6 juin après une nuit de bombardements massifs menés par l’aviation de la coalition sur les positions retranchées de l’État islamique.

Ainsi, sept mois après avoir lancé une offensive d’envergure qui leur a permis de s’emparer de vastes régions autour de Raqqa, les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont lancé « le début de la grande bataille pour libérer » la ville, qualifiée de « capitale du terrorisme ».

Cependant, cette bataille s’annonce difficile et de longue haleine.

Décryptage sur les enjeux de ce délicat combat.

Pourquoi est-il si important de libérer Raqqa ?

D’abord parce que Raqqa est le cœur de l’Etat islamique qui en a fait sa capitale auto-proclamée en Syrie.

En effet, c’est la base arrière depuis laquelle les Djihadistes ont pu lancer leurs opérations militaires et organiser de nombreux attentats comme ceux du 13 novembre 2015 à Paris.

Ensuite, la ville est très proche de la frontière turque. Par conséquent, elle a attiré de très nombreux djihadistes du monde entier qui ont pu entrer en Syrie avec la plus grande facilité en passant par la Turquie.

Ainsi, Raqqa est rapidement devenue un bastion incontournable du groupe terroriste pour de nombreux étrangers (dont une part importante de Français) qui s’y sont établis avec leurs familles.

La coalition estime que de 3.000 à 4.000 Djihadistes sont retranchés dans cette ville de 300.000 habitants. Elle s’attend donc à des combats très difficiles pour la reprendre.

De plus, le lancement de la bataille de Raqqa est clairement la suite de la bataille de Mossoul, entamée dans la nuit du 16 au 17 octobre dernier.

Mais pour que cette opération soit un succès, elle a été minutieusement préparée.

En effet, une première phase de près de six mois a consisté à isoler la ville. Il a fallu l’encercler en coupant les principaux axes de communication avec l’extérieur.

Dans une deuxième phase, il a fallu prendre le contrôle, une par une, des villes qui se trouvent sur la route de Raqqa dont celle de Tabqa, connue pour abriter le plus grand barrage de Syrie.

Interrogé à l’époque par l’AFP, Jean-Yves Le Drian avait pour autant exclu l’envoi de troupes au sol pour libérer la ville.

Ce seront des forces locales qui viendront libérer Raqqa. Même si la coalition contribue par des frappes à ce qu’on puisse démanteler le dispositif de Daech.

Quelles sont les forces en action ?

Ainsi, ce sont les Forces démocratiques syriennes qui sont entrées ce mardi par l’est à Raqqa.

Nos forces sont entrées dans le quartier de Mechleb dans l’est de la ville.

A déclaré à l’AFP le commandant des FDS, Rojda Felat. L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a confirmé l’entrée des FDS dans ce secteur, où elles ont pris le contrôle de plusieurs bâtiments.

Cette armée, créée en octobre 2015 avec le soutien des États-Unis, est composée de près de 30.000 combattants bien entraînés et équipés militairement par les États-Unis.

Cette alliance s’appuie sur des combattants arabes. Mais surtout sur les unités de protection du peuple kurde.

Ces derniers, qui ont notamment remporté la bataille de Kobané (dans le Nord) en janvier 2015, ont convaincu Washington d’être les fers-de-lance de cette bataille de Raqqa. Au grand dam de la Turquie qui qualifie ces combattants kurdes de « terroristes ».

Malgré cette préparation, les combattants et la coalition internationale devront affronter, comme à Mossoul, en Irak, des Djihadistes extrêmement bien entraînés et prêts à tous pour défendre leur fief.

« Une longue et dure bataille »

En effet, ces dernières années, l’Etat islamique a eu le temps de creuser des tranchées et des tunnels. De plus, le groupe terroriste a armé la population.

Les Djihadistes ont également bénéficié d’un certain nombre de garnisons, conquises à l’armée syrienne, qui ont fourni énormément d’armement et de blindés.

Enfin, ils ont également mis en place un système de drones piégés. Celui-ci sera utilisé pour freiner l’avancée des forces démocratiques syriennes.

Ains, la bataille de Raqqa ne fait que commencer.

Elle sera longue et dure.

A prévenu Steve Townsend, le général américain qui dirige cette opération.

L’assaut lancé sur Raqqa vise à asséner un coup décisif à Daech.

A déclaré mardi la coalition anti-djihadistes, dirigée par Washington.

Outre la ville de Raqqa, l’Etat islamique contrôle toujours en Syrie des régions du sud de la province de Raqqa. Mais également, une grande partie de la province voisine de Deir Ezzor. Une région riche en pétrole.

Il occupe aussi des secteurs de la province centrale de Homs.

Enfin, il a une présence minime dans les provinces de Hama (dans le centre). Mais aussi d’Alep (nord), de Deraa (sud) et de Damas.

Publié le mercredi 7 juin 2017 à 10:03, modifications mercredi 7 juin 2017 à 9:30

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