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Sud Soudan : les villageois contraints à manger des feuilles

Aujourd’hui, le Sud Soudan doit faire face à une crise alimentaire extrêmement grave, contraignant les habitants à manger des feuilles.

Le 20 février 2017, la famine était déclarée au Sud Soudan dans les comtés de Leer et Mayendit.

Après son indépendance en 2011, le sud soudan a plongé dans un état de guerre civile depuis décembre 2013.

Cette guerre qui a fait plusieurs milliers de victimes a également engendrés un grand nombre de réfugiés: Plus de 1,9 million de Sud-Soudanais déplacés dans leur propre pays et plus de 1,7 million réfugiés dans les pays voisins.
Mais elle a aussi perturbé l’agriculture, engendré une inflation galopante et privé les organisations humanitaires d’accès à des régions parmi les plus touchées.
Ce sont 100 000 personnes, qui sont touchées par cette famine, d’après l’ONU.

Toujours selon L’ONU et les ONG, le sud soudan aurait besoin de 1,6 milliard de dollars (1,5 milliard d’euros) pour faire face à cette “catastrophe qui se déroule juste devant nos yeux” et pour le moment, seul 18% de cette enveloppe est financée.

Les habitants contraints à manger les feuilles des arbres

Aujourd’hui les villageois sud-soudanais en sont réduits à manger des feuilles d’arbres ou des semences pour tromper leur faim dans des régions où pourtant la famine n’a pas été déclarée par le gouvernement. Ces feuilles qui proviennent d’un arbre nommé l’alop ont malheureusement peu de valeurs nutritives et ont en plus un goût amer.

Si les choses ne s’arrangent pas, les ONG craignent un risque de malnutrition sévère dont souffriraient, en premier, les enfants.

la directrice du Norwegian Refugee Council ( NRC) pour le Soudan du Sud, Rehana Zawa a déclaré dans un communiqué

Les communautés qui tentent de survivre à une crise alimentaire aiguë ont recours à des stratégies d’adaptation consistant à manger des aliments sauvages à peine comestibles

Comme elle le souligne également, consommer ces semences serait un danger pour l’agriculture

La consommation de semences est particulièrement alarmante. Sans graines pour les cultures, les familles n’auront rien à planter pour la prochaine saison. Ça pourrait aggraver la crise alimentaire et cela menace d’étendre la famine

L’exil des familles

C’est ainsi que’un grand nombre de familles doivent quitter le pays à la recherche de nourriture et beaucoup se réfugient au Soudan voisin. Depuis le début de l’année, ce sont 60.000 Sud-Soudanais qui ont ainsi fui vers le Soudan, selon l’ONU.
Certains réfugiés comme Betty, témoignent. Fuyant son pays à cause de la guerre, c’est principalement dû au manque d’accès à la nourriture, qu’elle et son enfant sont partis.

Ces temps-ci, si vous aviez un repas le midi il n’y en avait pas le soir. Un repas est pour toute la journée, parce que vous ne pouvez pas vous procurer la nourriture, vous n’avez pas d’argent pour l’acheter. En plus impossible d’aller aux champs : C’est dangereux en ce moment, parce que si vous vous éloignez de la ville même d’un ou deux miles vous pouvez être tués là-bas. Il y a des chances pour que vous ne rentriez pas.

Un autre réfugié explique que comme les cultures sont abandonnée, les prix flambent

Oui, il y a une crise alimentaire. Si vous pouviez accéder au marché à Juba vous comprendriez vraiment qu’il y a un problème. Une seule petite coupe de thé à Juba coûte 50 shillings au moment où je vous parle. C’est supposer coûter seulement 5 shillings !

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Encore une crise humanitaire dont on parle peu !

Publié le mardi 11 avril 2017 à 19:33, modifications mardi 11 avril 2017 à 17:33

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