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Soudan du Sud : Droits de l’homme bafoués, femmes violées en guise de salaire

Soudan du Sud, le pays où on massacre en silence. Quelques années après le début d’une guerre civile meurtrière qui a débuté en 2013, le pays ne trouve toujours pas d’issue politique. Et le monde ne s’en soucie guère. Etat indépendant du Soudan depuis le 9 juillet 2011, le Soudan du Sud bat tous les records d’horreur. La situation des droits de l’Homme est « parmi les plus horribles dans le monde ».

Ce vendredi 11 mars 2016, l’ONU a rendu public un rapport consternant. Ce constat pointe du doigt les exactions commises dans le Soudan du Sud. La situation est jugé préoccupante et ne semble pas s’arranger. Ainsi, un autre rapport d’Amnesty International a dénoncé ce même jour l’asphyxie de personnes dans le pays en octobre dernier. Des soldats gouvernementaux sud-soudanais ont asphyxié 60 hommes et enfants en les laissant suffoquer dans un conteneur de marchandises placé en plein soleil. Le pays a définitivement sombré dans l’horreur et le chaos.

L’échelle et le type de violences sexuelles […] sont décrits avec des détails épouvantables et dévastateurs, tout comme l’attitude – presque désinvolte mais calculée – de ceux qui ont massacré les civils et détruit des biens et des moyens de subsistance

a déclaré Zeid Ra’ad Al Hussein, haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme. Le rapport fournit des détails épouvantables : viols sur des enfants âgés de 9 ans, personnes brûlées vives ou encore asphyxiées dans des conteneurs, pendus à des arbres ou découpés en morceaux, victimes de meurtres, viols et pillages.

plus de 1 300 rapports sur des viols.

Le viol est utilisé comme instrument de terreur et comme arme de guerre. Et pire, selon des sources fiables,

des groupes alliés au gouvernement sont autorisés à violer les femmes en guise de salaire au nom du principe : faites ce que vous pouvez et prenez ce que vous voulez

Un accord de paix, pourtant signé en août 2015, n’aura pas permis de stopper les combats entre l’armée régulière et différents groupes rebelles. Le Haut-Commissariat demande l’établissement de la Cour hybride, chargée d’enquêter et de juger les responsables des exactions depuis le début de la guerre civile. Faute de quoi, il recommande de faire appel à la Cour pénale internationale.

Des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre ont continué en 2015 et sont majoritairement perpétués par le gouvernement.

a déclaré David Marshall, coordinateur de l’équipe qui a produit le rapport. Selon le haut-commissaire, le rapport conclut qu’il existe

des motifs raisonnables de penser que ces violations pourraient constituer des crimes de guerre et/ou des crimes contre l’humanité.

Le Conseil de sécurité était resté sourd et muet et n’avait pas émis le moindre commentaire depuis le début des exactions jusqu’à aujourd’hui.

Publié le samedi 12 mars 2016 à 12:47, modifications samedi 12 mars 2016 à 11:17

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