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Sophie Pétronin, enlevée au Mali en 2016, apparaît très affaiblie dans une vidéo récente

Des images de Sophie Pétronin, otage depuis deux ans dans le nord du Mali, ont été publiées sur les réseaux de l’organisation terroriste qui l’a enlevée.

Jeudi 1er mars, l’organisation terroriste Jamaat Nosrt al-Islam wal-Mouslimin, le groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, lié à al-Qaïda, a diffusé une nouvelle vidéo de Sophie Pétronin.

Atteinte d’un cancer

Agée de 72 ans, Sophie Pétronin a été enlevée à Gao, dans le nord du Mali, le 24 décembre 2016. La septuagénaire y vivait depuis plusieurs années, travaillant notamment pour une organisation humanitaire franco-suisse d’aide à l’enfance. A l’époque, aucun groupe n’avait revendiqué le rapt jusqu’à ce que la principale alliance djihadiste du Sahel, liée à Al-Qaïda, diffuse en juillet une vidéo. Celle-ci montrait six étrangers enlevés au Mali et au Burkina Faso entre 2011 et 2017.

Ainsi, sur cette nouvelle vidéo d’une minute et demie et sans aucun commentaire, l’état de santé de la septuagénaire apparaît très dégradé. En effet, selon sa famille qui vit en Ardèche et en Haute-Savoie, Sophie Pétronin souffre d’un cancer. Selon Le Parisien, sur un fond noir apparaissent ces mots, en grosses lettres dorées : « Save old Sophie » (Sauvez la vieille Sophie). La Française est filmée allongée sur un lit, dans ce qui semble être une tente. En outre, une perfusion et des médicaments apparaissent à l’image. Sur une image en gros plan, on voit Sophie Pétronin se frotter l’œil. Pour parfaire sa mise en scène, l’organisation terroriste a ajouté en fond sonore des battements de cœur, ainsi que voix d’Emmanuel Macron qui répète : « Je vous protégerai ».

Pour des raisons évidentes de sécurité, nous continuerons d’observer la plus grande discrétion sur la situation de Sophie Pétronin.

Avait déclaré un porte-parole du Quai d’Orsay en décembre.

Sa famille se dit démunie

En décembre dernier, à l’occasion de la date anniversaire de l’enlèvement, la famille de Sophie Pétronin s’est dite « démunie » faute d’avancées concrètes ou de nouvelles récentes.

Aujourd’hui pour tout vous dire on n’a pas d’avancée, pas non plus de preuve de vie. La seule trace de vie qu’on ait eue, c’est cette vidéo du 1er juillet.

Avait alors déploré Lionel Granouillac, le neveu de Sophie Pétronin.

Or « elle a 72 ans, sa santé est un gros point d’interrogation. Donc des messages ont été passés au gouvernement disant qu’il fallait peut-être accélérer les choses ». Après la diffusion de cette nouvelle vidéo, un autre de ses neveux, Arnaud Granouillac a déclaré au micro de France Inter :

Elle est dans un état de détresse totale. L’heure est grave. Il faut que le gouvernement passe à l’action, parce que depuis le premier jour de l’enlèvement, rien n’a été fait. Elle ne mérite pas ce qu’elle vit actuellement.

Des tensions interethniques à Gao

En outre, Gao, la principale ville du nord du Mali, est le théâtre de vives tensions interethniques depuis mercredi 28 février. En effet, au rythme de coups de feu, de foule en colère, de commerces fermés la ville a des « allures de ville morte », selon un habitant joint pour l’AFP. Située sur le fleuve Niger, la ville abrite des populations songhaï, sédentaires.

Elles vivent principalement de l’agriculture et de l’artisanat, et des commerçants arabes. Habituellement, les deux communautés cohabitent pacifiquement. Toutefois, mercredi 21 février, deux jeunes commerçants arabes de Gao disparaissent alors qu’ils circulaient à moto. Le corps de l’un d’entre eux a été retrouvé quelques jours plus tard dans le fleuve Niger, à quelques kilomètres de la ville. Dans la communauté arabe, certains soupçonnent des membres de l’ethnie songhaï. Ainsi, depuis mercredi elles s’accusent mutuellement d’être responsables de la mort du jeune homme.

Publié le vendredi 2 mars 2018 à 10:42, modifications vendredi 2 mars 2018 à 10:51

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