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Sommet : Kim Jong-Un exige qu’on lui paye sa suite

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Le logement de Kim Jong-Un perturbe déjà la rencontre diplomatique la plus attendue de l’année, un rendez-vous avec le Président des États-Unis prévu à Singapour, le 12 juin à 9h du matin.

Les exigences de Kim Jong-Un pour son confort dépassent l’entendement diplomatique. Obstiné, le chef d’état nord-coréen a choisi le Fullerton, l’un des hôtels les plus luxueux de Singapour pour se loger en vue de sa rencontre avec Donald Trump, qui aura lieu mardi prochain. Une chambre onéreuse jusqu’à 6000 dollars la nuit qu’il ne pourrait s’offrir, sollicitant l’aide du régime qui a refusé de payer la facture.

A qui revient l’addition ?

Les sanctions internationales prises à l’encontre de la Corée du Nord empêcheraient Donald Trump de régler les frais de déplacement du dictateur. Cependant, une dérogation temporaire est toujours possible lorsque la situation l’exige. Mais cela ne pourrait se faire sans provoquer un tollé général envers le président américain, déjà comblé en polémiques. L’autre solution, somme toute plus raisonnable pour les deux partis, serait que Singapour s’acquitte des frais, en plus de financer sa protection et sa limousine. Le ministre de la Défense local a proposé de payer la suite de Kim Jong-Un pour garantir sa présence, compte-tenu des enjeux diplomatiques de ce sommet, que Donald Trump avait décidé d’annuler avant de se rétracter pour en confirmer le maintien. Toutefois, l’ICAN (Campagne Internationale pour l’Abolition des Armes Nucléaires) pourrait débloquer des fonds si aucun autre recours n’est possible.

Une stratégie nord-coréenne

Sung-Yoon Lee, chercheur spécialisé dans les relations intercoréennes à l’Université Tufts, a spécifié au Washington Post que cette demande serait en réalité une pratique courante du régime de Pyongyang depuis 2000 dans tous ses déplacements à l’étranger.

D’autres embûches diplomatiques sont à prévoir

Mais d’après le journal américain, la question de l’hôtel ne serait qu’un imbroglio parmi tant d’autres pour que la rencontre puisse aboutir. En effet, pour des raisons pratiques cette fois, le dirigeant nord-coréen pourrait faire appel à la Chine ou d’autres voisins alliés afin de voyager, ne disposant que d’avions obsolètes datant des conflits de la guerre froide, le pays ayant fermé ses frontières dans les années 1950. Kim Jong-Un n’est donc pas encore sur le départ.

Cette entrevue historique, primordiale pour les relations internationales, constitue le premier pas entre les deux pays depuis l’an 2000, année où Bill Clinton avait reçu à la Maison Blanche le vice-maréchal Jo Myong Rok, alors numéro deux du régime nord-coréen. Elle pourrait aboutir, dans l’idéal, à la négociation d’un plan de dénucléarisation pour le régime surarmé et hostile de Pyongyang.

Publié le jeudi 7 juin 2018 à 14:01, modifications jeudi 7 juin 2018 à 12:52

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