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Sommet européen sur le Brexit : Les 27 font bloc face à Londres

Un mois après avoir reçu la lettre de Theresa May annonçant que son pays s’apprêtait à sortir de l’Union européenne, les 27 se sont réunis à Bruxelles. Leur objectif : adopter les principes qui les guideront dans les négociations avec le Royaume-Uni pour ces deux prochaines années.

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Réunis samedi 29 avril à Bruxelles, sans le Royaume-Uni bien sûr, lors d’un conseil européen extraordinaire, les Vingt-sept ont confirmé leur détermination à rester uni dans le dossier du Brexit. L’objectif étant de ne pas permettre à Londres de jouer sur d’éventuelles divisions entre les États membres pour obtenir un accord qui lui soit favorable.

Il n’y a pas eu de négociations entre les Vingt-sept,

A ainsi déclaré François Hollande, pour son dernier sommet européen.

La négociation, elle est entre l’Union et le Royaume-Uni, négociation au cours de laquelle l’Europe saura défendre ses intérêts.

En effet, dix mois après le référendum britannique sur la sortie de l’Union européenne, les 27 dirigeants Européens ont signalé que les préparatifs des négociations se passaient sans accroc.

Car, les chefs d’Etat ont adopté, « unanimement », les grands principes directeurs qui guideront les négociateurs européens du Brexit au cours des deux prochaines années.

Ils ont ainsi illustré leur unité revendiquée face au Royaume-Uni.

Une harmonie, qui ne s’est pas démentie depuis le référendum du 23 juin 2016, a désarçonné Theresa May.

La Première ministre britannique, a accusé, jeudi, les Vingt-sept de « s’unir contre son pays ».

Or, les « orientations » fixées par l’Union européenne entérinent l’approche « progressive » privilégiée par le camp européen. Des règles fixées avant d’envisager de parler de la nature de la « future relation ».

Ainsi, les trois points clés exigés par l’Union européenne sont :

Priorité n°1 : les droits des expatriés.

Trois millions de ressortissants de l’UE vivant ou travaillant au Royaume-Uni s’inquiètent pour leur droit de résidence, à la retraite ou encore leur sécurité sociale. Ces citoyens sont donc la « priorité numéro 1 » des 27, selon Donald Tusk.

La Commission européenne a d’ores et déjà établi une liste des droits « à protéger ».

Priorité n°2 : Un terrain d’entente sur le solde de tous comptes

Il s’agit probablement du sujet le plus sensible politiquement.

En effet, l’Union européenne va demander à Londres de solder les comptes de tous ses engagements financiers, en fonction de sa participation aux différents programmes et fonds européens.

Une facture globale, évaluée à environ 60 milliards d’euros par l’Europe, sera présentée au Royaume-Uni, y compris pour les engagements pris au travers du Cadre financier pluriannuel qui court jusqu’en 2020. Soit au-delà de la date prévue du Brexit.

Priorité n°3 : L’Irlande et la question des frontières

La question des frontières et en particulier celle avec l’Irlande sont aussi des enjeux importants, puisqu’il s’agit de préserver les accords de paix de 1998.

Au sein de l’Union européenne, on ne souhaite pas voir rétablie une frontière physique entre la République et la province britannique d’Irlande du Nord. Il est également hors de question de remettre en cause les accords de paix chèrement acquis après 30 ans de troubles.

Par conséquent, les dirigeants européens vont demander un retrait « ordonné » du Royaume-Uni. Tout en préservant les droits des citoyens affectés par le Brexit. En évitant un vide juridique pour les entreprises et en soutenant le processus de paix en Irlande du Nord.

Ainsi, le texte présenté à Bruxelles ne comporte pour l’instant qu’une mention très générale de l’Irlande du Nord. Il précise que

Des solutions flexibles et imaginatives seront requises. Avec pour but d’éviter une frontière en dur entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord.

Après le divorce, les contours de la future relation commerciale

C’est là un cahier des charges assez conséquent que s’apprêtent à adopter les 27, avant la première phase de négociations qui débutera officiellement après les élections législatives britanniques du 8 juin prochain.

Les 27 jugeront d’eux-mêmes de l’avancée des progrès sur ces trois dossiers avant de passer à la phase suivante. Sans doute avant la fin de l’année « si les choses se passent bien », selon un haut responsable européen.

Les chefs d’Etat européens devraient également commencer à se pencher sur la question des deux agences européennes actuellement basées à Londres.

Il s’agit de l’Autorité bancaire européenne (EBA) et l’Agence européenne des médicaments (EMA). Elles seront transférées pour rester sur le territoire de l’Union européenne.

Finalement il n’aura pas fallu plus de 4 minutes pour que les vingt-sept chefs d’État et de gouvernement adoptent à l’unanimité ces « orientations » des négociations du Brexit. Une anecdote que le Français Michel Barnier, le négociateur en chef du camp européen, a relaté.

Ne vous attendez pas à ce qu’on maintienne cette rapidité, cela n’arrivera plus jamais

A lancé, enjoué, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker en salle de presse.

Publié le lundi 1 mai 2017 à 13:26, modifications lundi 19 mars 2018 à 15:49

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