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Somalie : Au moins 200 morts dans un attentat meurtrier à Mogadiscio

Une nouvelle tragédie meurtrière a frappé Mogadiscio en Somalie.

Samedi 14 octobre, en plein milieu de l’après-midi, un camion piégé a explosé devant l’hôtel Safari au cœur de Mogadiscio, la capitale somalienne. Il s’agit d’un quartier commerçant très animé de la ville avec ses magasins et ses hôtels.

Depuis, ce sont des images d’épouvante, de bâtiments soufflés par la déflagration, de tonnes de gravats, d’épaisses fumées noires s’échappant de commerces et de voitures en feu qui sont diffusés dans les médias.

Pire attentat de l’histoire du pays

Dimanche 15 octobre, un responsable de la police avançait les chiffres de 137 morts et 300 blessés. La plupart des corps étant « brûlés au point de n’être pas reconnaissables ».

Un autre bilan policier, rapporté par l’Associated Press, faisait lui état d’un bilan tout aussi provisoire de 200 morts et plus de 200 blessés.

Il est très difficile d’avoir un chiffre précis. Parce que les corps des morts ont été emmenés vers différents centres médicaux. Et certains d’entre eux ont été enlevés directement par leurs proches pour être enterrés.

A déclaré un responsable de la police, Ibrahim Mohamed.

Celui-ci a ajouté qu’il s’agissait du « pire attentat » ayant jamais frappé la Somalie.

Ce que j’ai vu dans les hôpitaux que j’ai visités est indicible. On continue à retrouver des corps et je demande à chacun de venir aider. Les gens sont dans une situation difficile.

A pour sa part déclaré le maire de Mogadiscio, Tabid Abdi Mohamed.

Alors qu’il s’agit de l’attentat le plus meurtrier qu’ait connu la Somalie, en proie à une guerre civile depuis près de trente ans, aucune organisation n’a encore revendiqué l’attaque.

Les Chebabs soupçonnés

Toutefois, le président Farmajo a immédiatement accusé les Chebabs. Ce sont des insurgés islamistes somaliens proches d’al-Qaïda qui s’opposent au pouvoir de Mogadiscio depuis 2006. En effet, les Chebabs, littéralement «les jeunes» en arabe, sont à la tête de l’insurrection armée en Somalie, plongée dans le chaos depuis 1991.

En 2010, ils ont proclamé leur allégeance au groupe terroriste. Organisation à laquelle ils ont été officiellement intégrés en 2012. En outre, selon les observateurs, leurs effectifs seraient estimés entre 5.000 et 9.000 hommes. Or, les Chebabs ont juré la perte du fragile gouvernement central somalien, soutenu par la communauté internationale et par les 22.000 hommes de la force de l’Union africaine. S’ils ont été chassés de Mogadiscio en août 2011, et ont perdu l’essentiel de leurs bastions, ils contrôlent toujours de vastes zones rurales.

De ces régions ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides. Le plus souvent dans la capitale, et contre des bases militaires, somaliennes ou étrangères.

Mohamed Abdullahi Farmajo a décrété un deuil national de trois jours.

C’est une attaque horrible menée par les chebabs sur des civils innocents, qui ne visait pas des responsables gouvernementaux somaliens spécifiques. Cela montre combien ces éléments violents sont sans pitié. Pour viser sans distinction des gens innocents qui ne faisaient que s’occuper de leurs affaires.

A déclaré le président dans un discours télévisé.

Publié le lundi 16 octobre 2017 à 9:42, modifications lundi 16 octobre 2017 à 9:42

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