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Singapour : Les étrangers ne pourront pas participer à la Gay Pride cette année

La Pink Dot, l’équivalent de la Gay Pride, a attiré jusqu’à 28.000 personnes ces dernières années, même si Singapour reste profondément divisée sur les questions d’homosexualité.

Les étrangers interdits

A Singapour, en octobre dernier, le ministère a publié de nouvelles règles en matière de discours public. Il précise que les entreprises et les particuliers étrangers ont dorénavant besoin d’un permis pour parrainer ou participer à certains événements.

Le gouvernement singapourien a durci les contrôles des rassemblements publics. Les organisateurs du Pink Dot qui doit se dérouler le 1er juillet prochain, ont déclaré qu’ils devraient cette année procéder à des vérifications d’identité. Le ministère a quant à lui déclaré :

Pour pouvoir continuer à utiliser Speaker’s Corner, les organisateurs de Pink Dot 2017 n’ont d’autre choix que de souscrire à la règle, car les organisateurs ou les étrangers qui resquilleraient seront passibles de poursuites.

En effet, toutes personnes qui contreviendra à cette règle se verront contraint de payer une amende de 10.000 dollars (environ 6.500 euros) et une peine d’emprisonnement de 6 mois. La Gay pride qui se tient chaque année à Singapour depuis 2009, n’accueillera donc pas d’étranger cette année.

Les financements étrangers interdits

Singapour a également interdit aux sociétés étrangères de financer la Gay Pride. Jusqu’alors la Pink Dot était parrainée par des groupes internationaux comme Google et Facebook. Seules des personnes physiques ou morales singapouriennes sont autorisées à parrainer des événements au Speaker’s Corner. Le speaker’Corner (littéralement : coin des orateurs) a été établi par le gouvernement depuis 2000. Il est situé au parc Hong Lim et permet à chacun de s’exprimer même si on constate la présence d’une grande station de police proche du parc.

L’organisation Human Rights Watch a déclaré, que la restriction faite aux étrangers était discriminatoire et violait le droit fondamental à une assemblée publique pacifique.

La nationalité ne devrait pas être importante lorsqu’il s’agit d’assister à un rassemblement,

a déclaré Phil Robertson, directeur adjoint de la division Asie de l’organisation Human Rights Watch, à la Thomson Reuters Foundation, ce lundi.

A Singapour, il n’existe aucune loi contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle. Les unions civiles entre homosexuels ne sont pas reconnues et le mariage homosexuel est interdit.  Le sexe entre les hommes est punissable de deux ans de prison. Pour autant, les poursuites sont rares. Le Premier ministre Lee Hsien Loong a d’ailleurs annoncé que le pays n’était pas prêt pour le mariage homosexuel.

Publié le lundi 15 mai 2017 à 18:11, modifications lundi 15 mai 2017 à 17:51

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