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Sibérie : le réchauffement climatique provoque une épidémie d’anthrax

Une région de Sibérie a été mise en quarantaine après la mort d’au moins 1 500 rennes, contaminés par une bactérie mortelle, qui a ressurgit par la fonte du permafrost.

Située à 2 000 km au nord-est de Moscou, la région de Yamalo-Nenets en Sibérie, a été placée à l’isolement depuis une semaine. Les autorités ont décrété la mise en quarantaine après l’infection à l’anthrax des troupeaux qui appartenaient à au moins neuf éleveurs nomades de rennes.

Une première estimation fait état de 2 300 bêtes qui ont été abattues.

Cette région sibérienne avait pourtant été considérée dès 1968 comme exempte de cette bactérie, qui touche aussi bien les animaux que les hommes. De plus, aucun cas n’avait recensé depuis 1941.

Cependant, une météo inhabituelle peut avoir des conséquences insoupçonnées. Actuellement confrontée à des températures anormalement élevées, cette région de Sibérie voit le thermomètre atteindre des 35°C, contre les 17°C habituellement observé.

Cette conséquence directe du réchauffement climatique a provoqué la fonte du permafrost sibérien – c’est-à-dire le sol dont la température se maintient habituellement en dessous de 0°C pendant plus de deux années consécutives.

D’après le Washington Post, la bactérie responsable de l’anthrax se serait réactivée à partir de la carcasse d’un renne infecté et mort dans l’épidémie d’il y a 75 ans. Emprisonnée dans la glace du Grand Nord, la chair de l’animal aurait dégelé, réactivant la bactérie mortelle.

Pire, l’épidémie s’est propagée à l’Homme. En effet, un garçon de 12 ans est décédé de la maladie du charbon (également appelé anthrax), victime d’une forme intestinale de la maladie. Comme le rapporte le Siberian Times, le garçon faisait partie d’une famille d’éleveurs de rennes et a été infecté après avoir mangé de la viande contaminée.

Le journal a précisé qu’un cimetière proche de l’endroit où s’est déclaré l’épidémie est actuellement sous surveillance, car il est soupçonné d’avoir joué un rôle prépondérant dans la propagation de la maladie.

Lundi 1er août les autorités sibériennes ont annoncé que 72 personnes, dont 41 enfants, ont également été hospitalisées dans la principale ville de la région, Salekhard, pour limiter les risques de contagion parmi la population, essentiellement composée de tribus nomades, éleveurs de rennes.

La bactérie existe naturellement dans la nature et est aussi considérée comme une arme bactériologique. Elle est mortelle à moins de prendre des antibiotiques dans les plus courts délais.

Depuis, 4 500 rennes ont été vaccinés contre l’infection et l’objectif serait d’en immuniser 41 000 au total.

Publié le mardi 2 août 2016 à 14:28, modifications mardi 2 août 2016 à 14:28

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