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SeaWorld : La vie des orques est terrible

Les orques vivent un véritable cauchemar

Il s’appelle John Hargrove et est un ancien entraîneur au SeaWorld de San Diego, aux Etats-Unis. L’homme a finalement décidé de sortir du silence pour raconter ce qu’il se passe dans ce parc aquatique. L’envers du décor fait froid dans le dos… Et c’est tellement important d’en parler pour qu’un jour, ce type de parc n’existe plus.

C’est au Daily Mail que John Hargrove s’est confié. Il a fait ces terribles confidences dans le but de révéler au monde entier la réalité de ce qu’il se passe au SeaWorld. Selon lui, les cétacés sont carrément torturés. Ils parlent notamment de leurs petits qui leur sont arrachés. Ou encore des blessures qu’ils subissent à cause des entraînements et des spectacles à répétition. Retour sur ces confidences qui en disent long sur l’enfer de ces animaux

Un succès incroyable

Les spectacles de dauphins, d’orques, d’otaries… remportent un immense succès dans le monde entier. La chaîne SeaWorld notamment, qui offre des parcs aquatiques en Floride, en Californie et au Texas, est particulièrement réputée. Les spectateurs font parfois des milliers de kilomètres pour avoir la chance de découvrir les spectacles renommés de ces animaux rares. La chance ? Et bien en réalité, ce n’en est pas vraiment une…

Car si le spectacle semble bien rôdé et particulièrement éblouissant, dès que les grilles du parc aquatique se referment, la vie des animaux n’est plus la même. John Hargrove explique en effet, en sanglotant, que la vie des orques notamment est une honte. Contrairement à ce que pensent les spectateurs, les orques sont parquées dans des petites piscines et n’ont pas de place pour nager. Les animaux nagent en cercle, et se cognent sur les parois du bassin, se blessant souvent à la tête.

Les orques deviennent souvent agressives. Elles vivent dans la peur de l’homme, et sont épuisées par les entraînements intensifs qui sont quotidiens. Sans parler des maladies qui se développent dans les bassins…

Des orques qui périssent

Cette année, le SeaWorld a perdu trois orques. La dernière en date n’est autre que Kasatka, qui a été euthanasiée, souffrant d’une maladie pulmonaire. C’est en tout cas la version officielle du parc aquatique. Car selon l’ancien entraîneur, ce n’est pas du tout la vérité. Il a travaillé 14 ans dans le parc, et a fini par quitter l’entreprise en 2012, dégoûté et traumatisé par la manière de faire de ce parc :

Ce qui se passe encore dans des centres de type SeaWorld est une abomination. Ils prétendent que les orques en captivité participent à l’éducation des hommes, et j’ai moi-même cru à leur baratin durant des années. Mais Kasatka a eu une existence misérable, a vécu dans des conditions barbares et horrifiantes, et a agonisé jusqu’à sa mort. Elle a passé sa vie dans une maison de l’horreur, et je suis complice d’avoir vendu au public le mensonge sur sa vie.


Selon lui, l’orque était nourrie aux antibiotiques depuis toujours, et son immunité était donc au plus bas. Elle avait des lésions sur le visage. Et malheureusement, aucun rapport d’autopsie ne sera jamais publié pour confirmer la maladie pulmonaire de l’animal. Selon l’ancien employé du SeaWorld, ce sont des mensonges et l’orque était tellement mal traitée qu’elle a fini par mourir dans son minuscule bassin après une vie de douleur et de torture.

Un coup de gueule monumental

John Hargrove est déjà sorti du silence en 2013. Il a joué un rôle important dans le documentaire intitulé BlackFish, dans lequel il dénonçait déjà le comportement de SeaWorld envers les animaux. D’ailleurs, ce documentaire avait été salué par la critique, et avait remporté plusieurs prix. SeaWorld avait immédiatement réagi, affirmant que ce documentaire n’était qu’une fiction qui ne reflétait pas du tout la réalité.

Pourtant, il y a eu plusieurs incidents dans les parcs aquatiques. On se souvient notamment de l’orque Tilikum qui a tué son entraîneuse professionnelle en 2010. Cette dernière était pourtant une véritable pro puisqu’elle officiait au SeaWorld depuis 15 ans. Et c’était digne d’une scène d’horreur puisque la femme avait été attirée dans le fond du bassin pas l’animal, sous les yeux de certains téléspectateurs qui déjeunaient dans le restaurant du parc. L’autopsie avait révélé une mort par noyade et avait montré une dislocation des membres, une cassure nette de la colonne vertébrale… Bref, ce fut un terrible carnage. Depuis, les entraîneurs avait l’interdiction de pénétrer dans le bassin des orques.

Les vraies victimes sont oubliées

Mais ce terrible drame n’a pas joué en la faveur des orques, bien au contraire. En effet, l’orque est alors passée pour un animal cruel et méchant. Et les conditions de vie des animaux ont été considérablement durcies. Personne ne s’est demandée pourquoi l’orque était devenue tellement méchante…

Car l’orque ne serait pas naturellement hostile à l’homme. Dans la nature, on est loin de la fameuse baleine tueuse. John Hargrove a tenu à revenir sur ce terrible accident :

Ils ont essayé de faire passer la mort de Dawn pour un malentendu entre l’animal et l’homme, un jeu qui aurait mal tourné. Dawn était littéralement scalpée, son bras arraché, sa colonne détruite. Les orques mordent les barres de métal qui séparent les enclos, elles s’usent les dents sur les parois de béton de leur taule. Les clous se logent dans leurs dents, causent des infections. Nous devions leur arracher, sans anesthésier, pour nettoyer tout ça. Leurs yeux qui se fermaient, les mâchoires qui tremblaient. Leur douleur était évidente.

Ce serait cette douleur insupportable qui, au fil des années, rendrait les orques agressives envers l’homme. Et John Hargrove avoue avoir survécu à plusieurs attaques :

A l’état sauvage, les agressions envers les humains sont rarissimes. Mais je ne compte plus à combien d’attaques j’ai assisté moi-même. Et à combien j’ai survécu. J’ai été projeté contre les parois des piscines, agrippé par le torse et entraîné dans le fond du bassin. Je suis surtout très étonné d’être en vie. Kasatka était devenue violente en captivité, le film BlackFish le prouve, elle était l’un des animaux les plus dangereux que j’ai rencontrés.

Des animaux piégés

Mais les orques sont surtout des victimes dans toute cette histoire. Car les animaux sont piégés, enfermés, et très malheureux dans ces bassins qui ne répondent pas à leurs besoins. Les orques vivent entre 80 et 100 ans dans leur milieu naturel. Une quarantaine d’années en captivité… Et les preuves de maltraitance ne manquent pas…

John Hargrove souhaite montrer aux visiteurs l’envers du décor, et espère en convaincre certains de ne plus y aller. Cela dit, c’est loin d’être gagné…

Un parc aquatique qui génère des millions de dollars

Car il y a beaucoup d’argent à la clé de SeaWorld. Il faut en effet savoir que 10 millions de personnes visitent ces parcs chaque année. Ces dernières ne voient rien, et se contentent d’apprécier le spectacle qu’elles trouvent absolument magiques. Mais il y a souvent des loupés. Les incidents sont passés sous silence, et SeaWorld leur fait croire que cela fait partie du spectacle.

C’est donc une tromperie monumentale. Les animaux sont torturés pour faire plaisir à des spectateurs inconscients de la gravité des actes du parc aquatique envers les orques. Même John Hargrove avoue que la stratégie est parfaite. Il a lui-même mis 14 ans à comprendre que les animaux étaient torturés.

C’était comme une secte. J’aimais les animaux, j’ai cru à leur mantra que l’on sensibilisait et éduquait les enfants et les parents à ces êtres merveilleux en leur permettant de les observer de près. J’ai cru que de cette manière, on aiderait l’espèce à survivre, ainsi que grâce au programme de reproduction en captivité.

Une triste réalité qu’il faut connaître et diffuser au maximum, pour qu’un jour, ces parcs n’existent plus…

Publié le jeudi 24 août 2017 à 11:03, modifications jeudi 24 août 2017 à 15:46

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