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Sanctions américaines contre l’Iran : Total se désengage totalement du projet gazier dans le pays

Total s’est officiellement désengagé de ses projets d’investissements de plusieurs milliards de dollars en Iran.

Il l’avait annoncé il y a quelques semaines, il l’a fait. Le géant pétrolier français Total s’est officiellement désengagé de ses projets d’investissements en Iran.

Retrait du projet South Pars

Ainsi, le groupe Total a confirmé, lundi 20 août, qu’il avait averti les autorités iraniennes de son retrait du contrat du projet South Pars, en Iran. Un désengagement qui fait suite au rétablissement des sanctions américaines contre ce pays.

Le processus contractuel suit son cours. Et Total a notifié aux autorités iraniennes son retrait du contrat au bout du délai de 60 jours prévu. Pour obtenir un éventuel ‘waiver’ des autorités américaines. Ce qui n’a pas pu être obtenu malgré le soutien des autorités françaises et européennes.

A expliqué le groupe Total à l’agence Reuters.

Le contrat signé en 2017 en vue du développement de la phase 11 de South Pars avait attribué à Total une part de 50,1% dans le plus grand gisement gazier au monde. Et avec un investissement initial d’un milliard de dollars.

Total a officiellement mis fin à l’accord pour le développement de la phase 11 du gisement gazier South Pars. Cela fait plus de deux mois qu’il avait annoncé qu’il mettrait fin au contrat.

A expliqué Bijan Namdar Zanghaneh à l’agence Icana, liée au ministère du Pétrole.

Le South Pars est une immense poche gazière du Golfe Persique. Elle a la particularité de se situer pour partie dans les eaux iraniennes et pour partie dans celles du Qatar. Le potentiel de ce champ est d’autant plus considérable qu’il est l’un des plus vastes de la planète gaz.

Sanctions américaines

Pour rappel, après son retrait unilatéral de l’accord nucléaire conclu en 2015 entre Téhéran et les grandes puissances, les Etats-Unis ont rétabli le 6 août une première série de sanctions contre l’Iran. En outre, l’administration Trump a lancé un avertissement aux pays qui persisteraient à commercer avec Téhéran. Ainsi, les Américains ont donné aux entreprises une période de 90 à 180 jours pour se retirer d’Iran. Ainsi, les pays européens, parties prenantes de l’accord de 2015 visant à empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique, s’étaient d’emblée dit déterminés à sauver le texte. Néanmoins, effrayés par les avertissements américains, de nombreux groupes, dont le constructeur allemand Daimler, ont déjà annoncé leur retrait du pays.

Par ailleurs, une nouvelle série de sanctions ciblant le secteur des hydrocarbures est prévue en novembre prochain.

Le géant pétrolier français, et d’autres groupes français dont Peugeot et Renault et internationaux, avait repris le chemin de l’Iran après l’accord nucléaire conclu en 2015 entre Téhéran et les grandes puissances. Dans l’offshore de South Pars où il n’avait jusqu’ici dépensé que 40 millions de dollars, le groupe Total agissait dans le cadre d’un accord très récent. Celui-ci avait été signé en juillet 2017 avec un consortium comprenant le chinois CNPCI et l’iranien Petropars. Ainsi, en quittant l’Iran, le pétrolier français a cédé ses intérêts au chinois. Une clause prévue dans le protocole.

Le pétrole est la première ressource du régime de Téhéran. Or, il n’est pas le seul secteur touché par les sanctions américaines. En effet, la Maison Blanche cherche par tous les moyens à affaiblir le pays. Celui-ci se retrouve miné par la crise, le chômage et l’inflation et le sous-investissement international. Ainsi, la monnaie locale, le rial, a perdu 60 % en près de six mois.

Publié le mardi 21 août 2018 à 11:45, modifications mardi 21 août 2018 à 11:26

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