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Référendum en Turquie : Erdogan obtient de justesse un oui à la réforme de la Constitution

En Turquie, alors que le président Erdogan crie victoire, l’opposition conteste le résultat du référendum sur la réforme de la Constitution.

En Turquie, ce dimanche 16 avril, quelque 55,3 millions de Turcs étaient appelés à se rendre aux urnes. Ils devaient se prononcer pour ou contre le renforcement des pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan, lors d’un référendum important qui vise à remplacer le système parlementaire par un système présidentiel.

Ainsi, le président turc a annoncé en fin de soirée la victoire du oui.

Selon les résultats diffusés par l’agence de presse progouvernementale Anadolu, le oui a recueilli 51,35% des suffrages après dépouillement des bulletins.

La révision constitutionnelle prévoit en particulier l’abolition du poste de Premier ministre au profit d’un « hyperprésident », alors qu’ Erdogan est déjà accusé d’autoritarisme par ses détracteurs.

Avec cette victoire, celui qui a échappé à une tentative de putsch le 15 juillet dernier, disposera non seulement de pouvoirs considérablement renforcés, mais pourrait en théorie rester à la tête de l’Etat jusqu’en 2029.

Dans un discours télévisé, Recep Tayyip Erdogan a salué une « décision historique » du peuple turc. En outre, il a appelé les pays étrangers à « respecter » le résultat du scrutin.

Cependant le chef de l’Etat ne compte pas s’arrêter à cette réforme.

En effet, il a également évoqué son intention d’organiser un nouveau référendum. Cette fois-ci, il envisage d’interroger les Turques sur le rétablissement de la peine capitale. Cette initiative viendrait sonner définitivement le glas d’un éventuel processus d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne.

L’opposition dénonce des manipulations

Le président turc a certes obtenu une victoire, même à minima. Cependant, l’opposition l’accuse déjà de dérive autoritaire et crie à la fraude.

Ainsi, Erdal Aksunger, le vice-président du CHP, a affirmé que des « actes illégaux » avaient été commis en faveur du gouvernement. Le principal parti d’opposition va demander un nouveau décompte de jusqu’à 60% des bulletins.

Le CHP et le HDP (prokurde) ont notamment fustigé une mesure annoncée à la dernière minute par le Haut-Conseil électoral. Ce dernier avait annoncé qu’il considèrerait comme valides les bulletins ne comportant pas le tampon officiel du bureau de vote dans lequel ils ont été glissés dans l’urne.

Enfin, en dépit de cette victoire du oui dans l’ensemble du pays, le non l’a pourtant emporté dans les trois principales villes, Istanbul, Ankara et Izmir.

Les régions du sud-est, peuplées en majorité de Kurdes, ont aussi massivement voté contre l’accroissement des prérogatives du chef de l’Etat.

C’est une victoire pour Erdogan, mais aussi une défaite. Il a perdu Istanbul, là où il a entamé sa carrière politique en devenant maire en 1994.

A écrit Soner Cagaptay, un analyste spécialiste de la Turquie au Washington Institute.

Publié le lundi 17 avril 2017 à 9:44, modifications lundi 17 avril 2017 à 9:26

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