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RDC : la hausse des violences sexuelles préoccupe l’ONU

Justine Masika Bihamba est une Congolaise à la tête de l’association Synergie des femmes pour les victimes des violences sexuelles (SFVS). Elle a profité de l’inquiétude de l’ONU face à la recrudescence de ces agressions, pour y faire un plaidoyer.

Hier, le conseil de sécurité de l’ONU a discuté de la hausse des violences sexuelles en République Démocratique du Congo (RDC). Les représentants des États-membres sont à juste titre inquiets. Les chiffres des agressions sexuelles et sexistes dans le pays sont en nette augmentation. En effet, de janvier à juin 2018, il y a déjà plus de cas que sur le premier semestre 2017.

Justine Masika Bihamba parle de la hausse des violences sexuelles à l’ONU

Justine Masika Bihamba / Crédits © The Guardian

La dirigeante de SFVS vient de Goma, où se situe son organisation. À l’ONU, elle faisait partie des rares particuliers à prendre la parole au Conseil de sécurité. Aussi, dans son plaidoyer, l’activiste a parcouru une gamme large de sujets. De l’éducation à la justice, en passant par le politique.

Mais elle a toutefois tenu a souligner un écueil dans les interventions de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en république démocratique du Congo (Monusco). En effet, les coupes budgétaires risquent de limiter les actions de cette force.

Une situation alarmante alors que l’on compte désormais des militaires au nombre des agresseurs sexuels.

A cause des diminutions des financements de la Monusco, il y a des bureaux qui n’arrivent pas à faire des descentes sur le terrain pour documenter les violations des droits humains. Il y a toujours des civils qui sont en train de mourir. Parce que le déploiement rapide arrive toujours après. Donc ce que je viens demander c’est  qu’on puisse voir comment restaurer les bases de la Monusco dans des endroits sensibles.

A de fait témoigné Justine Masika Bihamba devant le Conseil, dans des propos recueillis par RFI.

Les élections prochaines en RDC accélèreront-elles la hausse des violences sexuelles ?

Le 24 juin 2008 à Goma, ce même Conseil de sécurité votait une résolution pour qualifier le viol d’arme de guerre. Un peu plus de dix ans plus tard, les choses n’ont pas vraiment changé. Ni pour les Congolaises, ni pour le pays. Celui-ci est toujours déchiré, et ses filles encore en danger. À l’instar des”esclaves sexuelles du Kasaï” comme on les surnomme dans la presse.

Ce groupe de fillettes, en plus des sévices sexuels subis, servent aussi de travailleuses dans les champs. Kidnappées par la milice Bana Mura, il y aurait, selon l’ONU et des ONG, des cadres de l’État parmi les commanditaires de leur enlèvement. Mais les autorités se murent dans le silence.

Avec les élections présidentielles de décembre, la sécurité des femmes est d’autant plus menacée. En effet, les violences qui leur sont faites augmentent en période d’instabilité. Or, Joseph Kabila, actuellement au pouvoir, refuse de dire qu’il ne se représentera pas. Pourtant, fort de deux mandats effectués, il n’en a plus le droit. S’il tentait un passage en force, la RDC basculerait de nouveau dans le chaos, avec une hausse des violences sexuelles comme conséquence.

Publié le vendredi 27 juillet 2018 à 17:15, modifications vendredi 27 juillet 2018 à 16:44

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