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Rapport Oxfam: huit hommes possèdent plus que la moitié de la population mondiale

Mark Zuckerberg, Bill Gates, Carlos Slim et cinq autres dirigeants d’entreprises font partie d’un club très particulier : leurs fortunes cumulées égalent la richesse de la moitié la plus pauvre de la population mondiale. Dans un rapport publié le 13 janvier, l’ONG Oxfam rend compte des inégalités de richesse dans le monde.

Alors que s’ouvre demain le World Economic Forum à Davos (17-20 janvier), l’ONG britannique Oxfam publie un rapport très critique sur la situation économique mondiale. Pour l’illustrer, elle livre un calcul terrible. Les huit hommes les plus riches de la planète possèdent autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale.

On compte dans ce “top 8” six américains, un espagnol et un mexicain. Bill Gates, Mark Zuckerberg, Warren Buffet, Larry Ellison, Michael Bloomberg, Carlos Slim et Amancio Ortega. A eux seuls, ils comptabilisent à ce jour une fortune cumulée d’environ 426 milliards de dollars.

Ces multimilliardaires représentent cette infime partie de la population qui ne cesse pas de s’enrichir. Alors que dans le monde les inégalités économiques et sociales n’ont jamais été aussi fortes. Citée dans le communiqué, la porte-parole d’Oxfam France Manon Aubry parle “d’indécence”.

Il est indécent que tant de richesse soit concentrée dans les mains d’une si infime minorité, quand on sait qu’une personne sur dix dans le monde vit avec moins de 2 dollars par jour.

 

Oxfam dénonce l’économie des 1%

L’organisation Oxfam a intitulé son rapport « Une économie au service des 99% ». Elle veut insister sur le fait que l’inégale répartition des richesses est exacerbée par une économie outrageusement avantageuse pour les grandes entreprises et les actionnaires. Parmi les causes, des politiques publiques complètement déséquilibrées. Ainsi en 2014, en compétition pour attirer un investissement de Samsung, l’Indonésie a proposé une exemption d’impôt sur les sociétés pour 10 ans. Concurrent dans cette “compétition” fiscale, le Vietnam offrait 15 ans.

De l’autre côté, une pression toujours plus forte s’exerce sur les salaires. Le rapport donne un exemple frappant: un PDG d’une entreprise du FTSE (équivalent britannique du CAC40) gagne en un an autant que 10 000 ouvriers de l’industrie textile au Bangladesh.

Une situation d’autant plus indigne qu’elle est renforcée par l’optimisation des bénéfices de grandes entreprises. Des pratiques d’évasion fiscale qui sont au centre du rapport d’Oxfam, qui en pointe les conséquences.

Les entreprises optimisent leurs bénéfices, notamment en allégeant le plus possible leur charge fiscale, privant ainsi les Etats des ressources essentielles pour financer les politiques et les services nécessaires pour réduire les inégalités.

Pour clore son communiqué, l’ONG enjoint les citoyen-ne-s à placer au coeur des échéances électorales ces problématiques. Afin d’enrayer ces mécanismes égalitaires, le rapport propose plusieurs solutions. Il en appelle notamment à la transparence fiscale des multinationales et à l’obligation pour elles “de respecter les droits humains et payer un salaire décent partout dans le monde”.

Publié le lundi 16 janvier 2017 à 15:06, modifications lundi 16 janvier 2017 à 14:58

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