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Présidentielle en Egypte : Sissi, le président sortant, face à l’un de ses soutiens

Les candidats sérieux étant hors-course, l’élection présidentielle en Egypte du 26 mars s’annonce comme une formalité pour Abdel Fattah al-Sissi, le président sortant.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi ne sera finalement pas l’unique candidat à l’élection présidentielle du 26 mars prochain. En effet, le chef du parti libéral égyptien Al-Ghad, Moussa Mostafa Moussa, par ailleurs soutien du chef de l’Etat, a déclaré, lundi 29 janvier, qu’il se présentait à l’élection présidentielle face au président sortant, largement favori.

Une candidature de dernière minute

Ainsi, peu avant la clôture des candidatures ce lundi à la mi-journée, le chef du parti libéral égyptien Al-Ghad s’est déclaré candidat.

Or, cette candidature de dernière minute, si elle est validée, paraît destinée à sauver les apparences après le retrait forcé de ses rivaux et un appel au boycott d’opposants.

En effet, plusieurs figures de l’opposition ont demandé aux Égyptiens de rester chez eux. Le président Sissi et son régime ont été accusés dimanche par cinq personnalités d’opposition « d’empêcher toute compétition loyale », appelant la population au boycott du scrutin.

Jusqu’alors, Moussa Mostafa Moussa soutenait la candidature de Sissi pour son second mandat. Son parti a même organisé, la semaine dernière, des réunions publiques. Celles-ci étaient destinées à recueillir des signatures de soutien à l’élection du chef de l’Etat. Car Moussa Mostafa Moussa, qui arborait jusqu’à lundi matin un portrait de Sissi sur sa page Facebook, avec la mention « Nous vous soutenons pour la présidence de l’Egypte », est en effet perçu comme un soutien du président.

Une réélection quasi garantie

Pour l’élection présidentielle du 26 mars prochain, la commission électorale a assuré que le scrutin serait honnête et transparent.

Toutefois, rien ni personne ne semble désormais pouvoir s’opposer à l’ancien maréchal al-Sissi, quatre ans après une première victoire électorale acquise avec 96,9 % des voix. En effet, avant de devenir président, Abdel Fattah al-Sissi, alors chef de l’armée, avait chassé du pouvoir son prédécesseur islamiste, Mohamed Morsi, à l’été 2013. Réprimant dans le sang les partisans des Frères musulmans.

Depuis, devenu chef de l’Etat, il a systématiquement éliminé toute opposition à son régime. Aussi bien islamiste que libérale. Des centaines d’opposants ont notamment été emprisonnés. Ainsi, ces dernières semaines, plusieurs prétendants ont été écartés ou ont jeté l’éponge. Ils ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une élection jouée d’avance. Les portraits du président ont été érigés dans les villes. En outre, le chef de l’Etat est omniprésent à la télévision ainsi que dans la presse. Des médias sur lesquels le gouvernement a renforcé sa mainmise.

Publié le mardi 30 janvier 2018 à 9:13, modifications mardi 30 janvier 2018 à 8:57

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