Monde

Porsche renouvelle son programme d’intégration pour les réfugiés

Le fleuron de l’automobile allemande sélectionne, recrute et forme des réfugiés dans le cadre d’un programme innovant.

En mars dernier, Porsche a mis en place un programme d’intégration destiné aux migrants récemment arrivés sur le territoire allemand. Dans cette démarche chacun y trouve son compte : les réfugiés bénéficient d’une formation qui peut déboucher sur un emploi et Porsche peut faire face à ses difficultés de recrutement de main d’oeuvre.

L’objectif affiché est de

Montrer la culture d’accueil de l’Allemagne et de permettre aux gens de s’établir le plus vite et le mieux possible

A expliqué Norbert Göggerle, directeur de la formation professionnelle technique de Porsche.

Agés de 16 à 38 ans ce sont 13 participants qui ont été sélectionnés parmi une centaine de candidats. Ils sont originaires d’Erythrée, d’Irak, d’Iran, d’Afghanistan, du Pakistan ou encore de la Syrie.

Ils ont tous suivi pendant cinq mois des cours d’allemand et des enseignements sur la culture du pays (histoire, formalités administratives, fonctionnement d’une entreprise). Mais également des enseignements techniques variés ainsi qu’une période de découverte de plusieurs métiers afin de pouvoir accéder à une formation d’apprentis.

Certains d’entre eux ont pu bénéficier d’un contrat d’apprentissage d’une durée de 3 ans au sein de l’entreprise au cheval cabré. Alors qu’une partie des réfugiés s’est orientée vers une formation de mécatronicien, d’autres, plus intéressés par le travail du cuir, ont suivi une formation supplémentaire dans l’aménagement intérieur des voitures.

Dès le lancement de ce programme, l’entreprise a toutefois précisé qu’il ne s’agissait pas de leur donner un emploi pérenne, mais de les aider à « mettre le pied à l’étrier en Allemagne ».

Cependant, à l’issue de cette opération, une grande majorité des 13 participants va rester chez Porsche, soit pour une formation pluridisciplinaire, soit un apprentissage ou directement en poste en CDI au sein de la ligne de production.

Cet exemple d’intégration vient à point nommé pour la chancelière allemande, Angela Merkel, qui se démène pour mobiliser les entreprises allemande et les associer à sa démarche d’ouverture du pays aux réfugiés.

Le ministre de l’Economie, Sigmar Gabriel, avait appelé en juillet les grandes entreprises allemandes à faire davantage d’efforts en faveur des réfugiés.

En effet, en 2015, l’Allemagne avait accueilli plus d’un million de migrants. Depuis le gouvernement fédéral n’a cessé de marteler qu’il fallait que le plus grand nombre puisse avoir accès au marché de l’emploi.

Le journal Bild Zeitung a ainsi expliqué que la chancelière entendait désormais mettre les bouchées doubles et tentait de mobiliser le patronat. D’après le quotidien, une réunion serait prévue en septembre prochain avec les dirigeants de plusieurs grands groupes allemands. Opel et Volkswagen, le groupe Siemens, le chimiste Evonik, ainsi que le groupe énergétique RWE, qui ont tous testé l’embauche de réfugiés, vont présenter à Angela Merkel les résultats de cette expérience mais également leurs doléances.

Du côté de Porsche, le constructeur automobile a déjà prévu de lancer une seconde édition de son programme d’intégration, pour une durée de 10 mois et avec 15 participants.

Publié le mercredi 17 août 2016 à 11:07, modifications mercredi 17 août 2016 à 11:18

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