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Pologne: “Il se joue actuellement en Pologne quelque chose qui ne fait réagir personne”

Samedi 11 Novembre à Varsovie en Pologne, une marche nationaliste à l’occasion de la Fête de l’Indépendance a eu lieu (Marsz Niepodległości). Près de 60 000 personnes ont répondu à l’appel de l’extrême droite polonaise. Ils ont scandé des propos racistes et xénophobes tout le long de la Marche.

Qu’est-ce que le PIS?

La Pologne est depuis 2015 gouvernée par le PIS “droit et justice”. Ce mouvement politique ultraconservateur ne s’embête pas avec les problèmes d’éthiques et met tout en œuvre pour appliquer leur programme. Ils souhaitent que la Pologne retrouve son embellit économique de l’entre deux guerres. A cette époque, le pays est gouverné durant 20 ans de manière autoritaire par un militaire Jozef Pilsudzki.

Que se passe-t-il en Pologne ?

Octobre 2016, la loi sur l’avortement, déjà très restrictivedéclenche la colère des femmes. Sous la pression de la rue, les députés du PIS se ravisent. Sept mois plus tard, les députés lancent un nouveau vote sur l’accessibilité de la prise de la pilule du lendemain, délivrée dorénavant sous ordonnance médicale. En même temps, une purge dans l’armée s’ajoute à cause d’une loi étendant les pouvoirs de surveillance de la police sur internet. En juillet 2017, trois textes controversés sont proposés.

– Le premier modifie le régime des tribunaux de droits commun. Dorénavant, les présidents seront nommés par le ministre de la justice.
– Le deuxième s’attaque au conseil de la magistrature. Désormais, la majeure partie de ses membres sera choisie par le parlement à la majorité simple.
– Le troisième texte et le plus controversé concerne la cour Suprême (équivalent de la cour de cassation en France). Le projet de loi donne les moyens au ministre de la justice d’influencer le travail des juges qui y siègent.

Par conséquent, avec ces 3 textes le PIS tente de prendre le contrôle de la justice dans le pays. Face aux diverses manifestations et aux menaces de la commission européenne, le président de la Pologne, Andrzej Duda, va opposer son droit de veto sur les deux derniers textes. Par ce fait, le PIS est donc forcé de reculer.

De nombreux slogans racistes et xénophobes

Cette marche nationaliste montre la montée de l’extrême droite dans le pays et en Europe. Le mot d’ordre rassembleur était “Nous voulons Dieu”, un chant catholique chanté autrefois qui aujourd’hui a une toute autre signification, rejetant l’Islam. D’autres slogans extrémistes ont été scandés par la majeure partie des participants. “La Pologne pure, la Pologne blanche », « Foutez le camp avec vos réfugiés » ou « A coups de marteau, à coups de faucille, battre la racaille rouge ».

Anaïs Voy-Gillis doctorante à l’IFG a expliqué son inquiétude au Monde. Pour elle, “il se joue actuellement en Pologne quelque chose qui ne fait réagir personne”. Elle va même plus loin mettant en cause l’impact de la présidence de Trump qui banalise la parole raciste et xénophobe :

Depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, il y a une banalisation totale dans le monde occidental de la parole raciste et xénophobe. L’Europe traverse une crise migratoire sans précédent, et doit faire face à des actes terroristes. Les militants d’extrême droite se sentent donc légitimés.

Publié le mardi 14 novembre 2017 à 13:48, modifications mardi 14 novembre 2017 à 13:34

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