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Pèlerinage de la Mecque : plus de 2 millions de musulmans attendus pour le Hadj

Plus de deux millions de musulmans sont attendus pour le traditionnel pèlerinage du Hadj, qui commence ce mercredi, sur fond de risque d’attentats.

Ce mercredi 30 août, la Mecque est en grande effervescence. En effet, le Hadj commence officiellement.

Ainsi, plus de deux millions de pèlerins sont attendus pour le plus grand pèlerinage musulman. L’un des cinq piliers de l’Islam que tout fidèle est censé accomplir au moins une fois dans sa vie s’il en a les moyens.

Il s’agit d’un moment fondamental dans la vie spirituelle des musulmans. Ainsi, le pèlerinage comporte plusieurs étapes codifiées, qui mèneront les fidèles sur les traces de Mahomet, où il a accompli les rites demeurés inchangés.

Cette année, les autorités saoudiennes ont mobilisé d’importants moyens. Elles se disent prêtes à parer à toute éventualité alors qu’il y a deux ans une gigantesque bousculade avait fait près de 2.300 morts, la pire catastrophe de l’histoire de l’évènement.

Les Iraniens de retour

Cette année sera marquée par le retour des Iraniens, qui avaient payé un lourd tribut lors du désordre meurtrier de 2015. Alors que 464 Iraniens sont décédés lors de cet incident, l’Iran, qui envoie en moyenne 60.000 pèlerins chaque année, s’était insurgé contre les conditions d’organisation du pèlerinage par l’Arabie saoudite.

Quelques mois plus tard, en janvier 2016, la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays était consommée. Des tensions exacerbées après le saccage de l’ambassade saoudienne à Téhéran par la foule. Celle-ci réagissait à l’exécution d’un dignitaire religieux chiite en Arabie.

En 2016, les pèlerins iraniens n’avaient pas été autorisés à participer au pèlerinage de La Mecque. Les deux pays n’ayant pas pu régler leurs différends, notamment sur la sécurité des pèlerins. Néanmoins, cette année, après plusieurs mois de négociations, Riyad a autorisé les vols d’Iran Air. Et a permis qu’une partie des pèlerins iraniens soient transportés par les avions de la compagnie saoudienne d’aviation.

Par ailleurs, le Hadj intervient dans un contexte de crise diplomatique entre l’Arabie saoudite et le Qatar. L’Arabie reproche au petit émirat son rapprochement avec l’Iran. Et d’apporter son soutien à des groupes extrémistes. Ainsi, le boycott imposé au Qatar depuis le 5 juin, qui comprend notamment la fermeture des liaisons maritimes et aériennes, a empêché de nombreux Qataris de se rendre au pèlerinage cette année.

La Commission nationale des droits de l’Homme du Qatar, liée au pouvoir, a estimé que

Seulement 60 à 70 pèlerins du petit émirat avaient réussi à se rendre en Arabie saoudite la semaine dernière.

Des retombées économiques majeures

Si le Hadj est avant tout une aventure spirituelle, c’est aussi une industrie que l’Arabie saoudite souhaite développer davantage. Notamment, pour se ménager une alternative à la rente des hydrocarbures qui représente près de 50% du PIB du pays.

En effet, les retombées économiques du pèlerinage, auxquels participent pas moins d’1,4 million de musulmans étrangers, ont été estimées à quelque 40 milliards d’euros en 2015, selon une étude de la Chambre de commerce de La Mecque.

Outre le Hadj, le petit pèlerinage, Omra, peut lui être accompli tout au long de l’année. Ainsi, ces millions de musulmans venus du monde entier représentent une manne financière colossale.

L’Arabie saoudite, qui espère accueillir 20 millions de visiteurs annuels d’ici à 2020, pourrait alors engranger quelques 80 milliards d’euros de revenus, selon le quotidien Saudi gazette.

 

Publié le mercredi 30 août 2017 à 16:22, modifications mercredi 30 août 2017 à 16:22

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