Monde

Pakistan : Une starlette des réseaux sociaux étranglée par son frère

Qandeel Baloch postait régulièrement des messages pour encourager les femmes à prendre leur indépendance. Son frère l’a tuée au nom de l’honneur.

Un jeune Pakistanaise, Qandeel Baloch, est devenue une vedette sur les réseaux sociaux, notamment pour ses selfies controversés. Agée d’une vingtaine d’années, Qandeel Baloch, de son vrai nom Fouzia Ahmad, était devenue célèbre dans le pays à force d’auto promotion sur les réseaux sociaux.

Elle apparaissait régulièrement sur les médias sociaux, toujours parfaitement apprêtée, dans des photos aux poses langoureuses. Si elle était suivie par des milliers d’abonnés, elle véhiculait également un souffle de scandale dans ce pays musulman ultra-conservateur.

Sur ces comptes Internet, Qandeel Baloch publiait régulièrement des photos et des messages qui revendiquaient son droit à la liberté.

L’une de ses dernières publications, postée le 14 juillet dernier, la veille de son meurtre, expliquait

En tant que femmes, nous devons nous mobiliser pour nous-mêmes.

La publication a été supprimée de son compte Facebook depuis l’annonce de son décès.

Avant cela, elle avait posé avec un important dignitaire religieux. Elle l’avait tourné en ridicule, coiffée de sa toque d’Astrakan. Le Mufti avait ensuite été suspendu d’un comité religieux.

Souvent comparée à la sulfureuse américaine Kim Kardashian, la jolie brune aux lèvres pulpeuses « a été étranglée par son frère » a déclaré Sultan Azam, un officier de la police de la ville de Multan (dans le centre du Pakistan).

La police a indiqué que son frère l’avait assassinée pour des motifs d’honneur. Les parents de Qandeel Baloch avaient averti les forces de l’ordre samedi 17 juillet.

Le frère a pris la fuite après le crime, nous faisons de notre mieux pour l’arrêter.

A expliqué le policier.

Un responsable des autorités locales, Azhar Akram, a confirmé le meurtre. Il a également précisé que le crime s’est produit alors que la jeune Pakistanaise se trouvait en visite chez ses parents dans le village de Muzzafarabad, près de Multan, pour les fêtes de l’Aïd.

A l’occasion d’une conférence de presse, le frère de Qandeel Baloch a complètement assumé son acte :

Bien sûr que je l’ai étranglée. Elle était au rez-de-chaussée et nos parents dormaient sur le toit. Je lui ai donné un comprimé, puis je l’ai tuée.

A-t-il expliqué, avant de lâcher :

Je n’éprouve aucune gêne pour ce que j’ai fait. Elle avait un comportement complètement intolérable.

Au Pakistan, une disposition du droit en vigueur stipule que les hommes peuvent tuer des femmes de leur famille et échapper à toute condamnation si leurs proches leur pardonnent en échange d’une somme compensatoire.

Si le Premier ministre, Nawaz Sharif, s’est engagé en février à éradiquer les crimes d’honneur, aucune législation n’a pourtant été mise en place depuis.

Publié le lundi 18 juillet 2016 à 10:10, modifications lundi 18 juillet 2016 à 10:20

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