Monde

Orgies, drogues et misogynie : plongée dans la face cachée la Silicon Valley

Brotopia, un livre publié aujourd’hui s’intéresse aux secrets des rois de la Silicon Valley.

Avec “Brotopia : Breaking Up the Boys’ Club of Silicon Valley“, la journaliste Emily Chang nous offre un regard dans l’intimité et les excès du monde de la tech de la Silicon Valley. Le livre sort demain aux Etats-Unis.

Un livre choc

On avait eu le droit aux bonnes feuilles dans Vanity Fair en début d’année. Puis, aux excès d’un gala londonien avec des hôtesses harcelées. Dans une atmosphère générale de révélations bienvenues, le livre d’Emily Chang permet d’en savoir plus sur la situation dans la Silicon Valley. Et, autant le dire tout de suite, l’auteure ne prend pas de gants. “Pendant que les hommes s’envoient en l’air, les femmes se font avoir” (while men get laid, women get screwed) écrit-elle ainsi en introduction.

Le journal britannique The Sun, parle ainsi d’une quasi “revanche” pour ces geeks “qui n’avaient pas de rencards quand ils étaient adolescents et compensent désormais”. Au programme, des parties débridées avec sexe et drogue. Cette enquête qui s’appuie sur des dizaines d’interview permet de suivre les peoples de la tech autour du monde. D’un yacht à Ibiza, à une maison à Malibu en passant par un château à Napa Valley, les lieux changent mais les habitudes et les invités perdurent. Investisseurs, entrepreneurs et cadres s’y retrouvent avec un panel de jeunes filles, jolies, jeunes et volontaires venues de la Silicon Valley ou de Los Angeles.

Deux types de fêtes

Emily Chang parvient même à dresser une sorte de typologie. D’un côté, les fêtes dédiées au sexe expérimental. Pas d’alcool ni de drogue pour ne pas nuire aux performances. Un ratio hommes/femmes qui approche les 50/50. De l’autre, des soirées où les femmes sont plus nombreuses et la drogue coule à flots. Une source confie ainsi à la journaliste : “je vois plusieurs hommes coucher avec une dizaine de femmes en même temps et ils ne s’en cachent pas”.

De l’autre côté, les femmes perdent à tout les coups. Celles qui refusent une invitation à ce type d’événements voient les portes se refermer. Elles sont catégorisées comme “pas cool”. Si elles acceptent, elles mettent le doigt dans une engrenage duquel elles auront beaucoup de mal à sortir. Une illustration surtout du déséquilibre des pouvoirs en jeu ici comme l’explique Elisabeth Sheff, spécialiste des relations libres.

C’est de l’exploitation. De l’arrogance masculine rétrograde et tordue et c’est à la limite de la prostitution. (…) “Je devrais pouvoir faire l’amour car j’ai de l’argent”. Cela n’a rien de progressiste, ce sont encore les mêmes conneries. C’est essayer de mélanger le neuf tout en gardant les bonnes vieilles habitudes, ces attitudes sont construites sur le patriarcat et se font aux dépens des femmes

Reste désormais à voir si la sortie de ce livre provoquera un changement dans la Silicon Valley. Il est probable qu’il lance au moins un débat…

Publié le mardi 6 février 2018 à 13:38, modifications mardi 6 février 2018 à 12:31

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