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La nouvelle vie des ours torturés dans un refuge urkainien

Le refuge Quatre Pattes accueille les ours qui ont souffert le martyr

De trop nombreux ours sont torturés et maltraités. Le refuge Quatre Pattes a décidé de leur offrir un nouveau cadre de vie, bien loin des souffrances endurées. Quel joli projet !

Certains ours n’ont vraiment pas de chance. Ils sont tombés dans les mains d’hommes cruels et malsains, qui se sont amusés à les torturer, parfois pendant de très longues années, les condamnant souvent à une vie douloureuse et ignoble.

Mais fort heureusement, certains êtres humains font preuve d’une extrême gentillesse à leur égard, et leur offrent une seconde vie, bien plus douce. La preuve avec ce refuge ukrainien qui a permis de donner à ces ours une seconde chance.

Un refuge exemplaire

C’est à Jytomyr, dans le nord-ouest de l’Ukraine, que le refuge Quatre Pattes a ouvert ses portes en 2012. C’est un refuge animalier pour les ours qui ont été emprisonnés et torturés durant de trop longues années. On y découvre de nombreux ours, couverts de cicatrices. Malgré tout, ils semblent heureux et on a l’impression qu’ils retrouvent « le sourire »

Au départ, le refuge devait accueillir uniquement Nastia, une petite oursonne enlevée à sa mère alors qu’elle n’avait que trois mois. Lorsque les bénévoles l’ont retrouvée dans un zoo privé, ils l’ont ramenée à sa mère, mais cette dernière l’a rejetée. Alors le refuge a été créé pour pouvoir l’accueillir. Ce n’était en réalité que le début d’une belle et grande histoire !

Trop d’ours maltraités

En effet, de nombreux ours ont par la suite été accueillis et soignés par les bénévoles du refuge ukrainien. La plus âgée des ourses présentes se prénomme Olia, et elle est aveugle. C’est Olksandr Leonov, le responsable du refuge, qui a tout raconté à l’AFP. Son histoire est tout simplement terrible :

On lui a certainement ôté la vue volontairement. Et ses dents étaient dans un très mauvais état. L’année dernière, des dentistes sont venus pour les soigner et tout va beaucoup mieux maintenant.

Parmi ces ours, il y a également la jolie Macha, une femelle dont le corps est recouvert de terribles cicatrices. Elle servait de proie dans un centre d’entraînement de chiens de chasse. Les chiens devaient l’attaquer et la mordre pour être récompensés… Une méthode barbare qui remportait malheureusement un grand succès en Ukraine, avant qu’elle ne soit interdite en 2015. L’ourse a été découverte semi-morte. Elle n’avait plus de poils dans sa nuque tant son collier était serré. Sa queue était tordue, son nez était couvert de blessures. Bref, l’horreur…

Une sensibilisation publique

Les enfants sont particulièrement sensibles à la condition de vie de ces ours qu’ils découvrent dans le refuge. La petite Miroslava âgée de 10 ans, a visité ce lieu de vie pour les ours avec sa classe, et a été particulièrement touchée par ces animaux. Elle a tenu à témoigner, parlant à cœur ouvert de cette expérience pas tout à fait comme les autres :

Cela ne me plaît pas qu’elle ait été gravement battue et qu’elle ait des cicatrices. Cela me rend triste pour elle.

Cependant, la fillette a constaté que cette seconde vie était heureuse et que les ours avaient l’air de s’épanouir, même s’ils restent en captivité. Elle a d’ailleurs remarqué que les ours du refuge semblaient plus heureux que ceux qu’elle avait découverts dans les zoos de Kiev, la capitale ukrainienne. Les visiteurs sont sensibilisés à la cause des ours maltraités, et sont souvent très émus en découvrant la terrible histoire de ceux qui ont eu la chance d’être sauvés.

C’est le bouche-à-oreille qui permet souvent de retrouver les ours maltraités. Les vétérinaires bénévoles, souvent originaires d’Autriche et d’Allemagne, parcourt l’Europe pour retrouver les animaux promis à une mort certaine. Puis, ils les récupèrent et les amènent dans le refuge, pour leur offrir une vie meilleure, loin de toute souffrance. Ils les soignent, leur donnent à manger, et leur offrent un cadre de vie plutôt sympathique, au grand air. On dirait presqu’ils vivent dans leur milieu naturel. Et les habitants du refuge semblent se faire très vite à cette nouvelle vie !

Un travail plus simple

Depuis la loi de 2015, interdisant d’entraîner les chiens de chasse sur un ours vivant, le travail des bénévoles du refuge ukrainien est plus simple. Pour autant, il ne faut pas croire que la maltraitance des ours a cessé. En Ukraine, les ours sont encore nombreux à être prisonniers et à souffrir chaque jour. Ils vivent dans de terribles conditions.

Le responsable du département Animaux Sauvages du refuge Quatre Pattes, dénonce un phénomène de mode absolument ignoble et tire la sonnette d’alarme, demandant à l’opinion publique de réagir face à la détresse de ces animaux :

C’est considéré comme à la mode d’avoir un ours à la maison ou dans un restaurant, ou bien de gagner de l’argent en amusant les gens avec un ours enchaîné. C’est complexe et enraciné dans la mentalité de notre peuple.

L’existence d’un marché noir

Le véritable problème, c’est qu’il existe un marché noir parallèle où les oursons et les ours sont vendus pour des prix parfois exorbitants. Il faut en effet compter environ 1000 euros pour devenir propriétaire d’un ours, et encore, c’est là un prix très bas. Parfois, les cirques déboursent plusieurs milliers d’euros pour pouvoir posséder un animal.

Ce qu’il faut savoir, c’est que la plupart des ours sont capturés dans les montagnes des Carpates en Ukraine, leur principal zone de vie. D’autres viennent de Russie, la chasse à l’ours étant légale : lorsque la maman est cruellement tuée, on récupère l’ourson, et on le vend sur le marché noir. Ces oursons sont alors promis à une vie terrible de torture et de souffrance, la plupart décédant jeune à cause des mauvais traitements qui leur sont infligés.

Le refuge Quatre Pattes est un bel exemple de ce que peut faire l’homme pour tenter de rattraper ses bêtises envers les animaux. D’ailleurs, un nouveau refuge pour ours devrait ouvrir ses portes dans la région de Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine. Le refuge se situera près des Carpates, l’environnement naturel des ours. Malheureusement, les ours ne pourront jamais être relâchés dans la nature car leur comportement a été modifié par l’homme.

Et oui, les ours qui ont été capturés ne pourront jamais vivre avec leurs congénères. C’est dommage, mais c’est malheureusement la réalité. En effet, la cohabitation se passerait mal, et les ours qui ont toujours vécu en captivité seraient rapidement tués. Ce sont les tristes conséquences de la maltraitance animale

Publié le mardi 25 avril 2017 à 12:24, modifications mardi 25 avril 2017 à 12:01

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