Monde

Morts et scène de torture diffusés en direct sur Facebook Live ravivent la polémique

Le voyeurisme à son comble ?

L’outil de diffusion de vidéos Facebook fait encore parler de lui après avoir été le théâtre d’une série de morts et de scènes à la fois violentes et choquantes.

Ce jeudi 5 janvier, l’application Facebook Live a permis malgré elle de diffuser en direct une vidéo de torture. On pouvait y voir un homme bâillonné et ligoté dans la banlieue de Chicago. Celui-ci a été frappé par quatre assaillants qui criaient “Nique Trump” et “Nique les Blancs”.

La vidéo a été visionnée près de 16 000 fois avant sa suppression par le réseau social américain. Mais des copies qui avaient pu être réalisées ont été postées sur d’autres sites internet tels que Youtube.

La police de Chicago a finalement annoncé avoir arrêté les quatre auteurs présumés des coups. Les forces de l’ordre ont également précisé que la victime vue dans la vidéo, qui souffrait de problèmes psychiatriques, a été retrouvée en état de choc. Mais ses jours ne sont pas en danger.

La mort en direct d’une jeune mère de famille

Le 28 décembre dernier, un autre drame a été filmé en direct aux Etats-Unis. Keiana Herndon, 25 ans, comme presque tous les jours, donnait des nouvelles à ses amis par le biais de Facebook Live. Atteinte d’un cancer de la thyroïde, la jeune mère de famille se filmait aux côtés de son enfant âgé d’un an et demi lorsqu’elle a fait un malaise… qui lui a été fatal.

Au début de la vidéo, la jeune femme de l’Arkansas est en train de chanter. Elle tourne ensuite son téléphone pour montrer l’un de ses deux enfants jouant à ses côtés. Mais brusquement, Keiana Herndon fait un malaise. Son téléphone tombe sur le sol.

Ses amis ont tardé à intervenir

Voyant sa mère à terre, l’enfant commence à pleurer, à pousser des cris. Et le nombre de vues à augmenter, selon l’oncle de la jeune femme. Ce n’est qu’au bout d’une demi heure que l’un de ses amis, qui regardait la scène, se rend à son domicile et appelle les secours. Mais trop tard. Keiana Herndon était déjà morte, rapporte le journal Le Monde.

La famille de la jeune femme a mis en cause la réaction tardive de ses amis, comme le montrent les propos de son oncle dans le Washington Post :

Comment peut-on simplement rester là, alors qu’elle s’est évanouie, et que l’on entend le bébé pleurer ? Je ne comprends pas comment une personne peut rester là à regarder une personne mourir devant son enfant, ou partager la vidéo d’un enfant qui voit sa mère mourir.

Pour subvenir aux besoins de ses deux enfants, qui se retrouvent désormais orphelins, ses proches ont fait appel à la solidarité des internautes en lançant une campagne de financement participatif. Celle-ci a déjà atteint les 7 200 dollars.

Modérateurs et voyeurisme en question

Facebook avait déclaré en juillet dernier avoir renforcé ses équipes de modération chargées des vidéos transmises en direct. Le groupe souhaitait en effet éviter la diffusion d’images choquantes. Le réseau social avait alors annoncé la mise en place d’une “équipe présente 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, pour traiter les signalements immédiatement”. Sur Facebook Live, les vidéos sont examinées seulement si elles ont été signalées par des utilisateurs.

Au-delà de la responsabilité de Facebook Live, c’est surtout celle des spectateurs de ces vidéos qui est vivement questionnée aux Etats-Unis. Cette polémique avait également eu lieu en France en 2016. Le suicide d’une jeune femme avait été transmis en direct sur Periscope, le service de diffusion de vidéos appartenant à Twitter.

En Floride, la police enquête toujours sur le suicide d’une jeune fille de 12 ans, qui aurait filmé sa pendaison en direct. Selon Le Monde, les enquêteurs cherchent encore à confirmer l’existence de cette  vidéo.

Facebook Live a aussi été utilisé par des terroristes. Cela a été le cas en juin où Larossi Abballa s’en est servi pour revendiquer l’assassinat d’un couple de policiers à Magnanville (Île-de-France).

Publié le vendredi 6 janvier 2017 à 11:08, modifications vendredi 6 janvier 2017 à 10:28

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