Monde

Des milliers d’indigènes se rassemblent pour rencontrer le Pape au Pérou

Le déplacement du Pape François au Pérou du 18 au 21 janvier constitue une opportunité incroyable pour les populations indigènes de se faire entendre au niveau international.

Le Pape François arrivé le 18 janvier au Pérou rencontrera le 19 janvier dans l’Amazonie à Puerto Maldonado. Là-bas, des milliers d’indigènes l’attendent pour faire entendre leurs récriminations et espèrent qu’il soit porteur du changement.

Un arc et une flèche cadeau symbolique

3.500. C’est la quantité probablement record d’indigènes que le Pape François va rencontrer à Puerto Maldonado, dans le sud du Pérou. Dans cette ville au cœur de l’Amazonie, les représentants de communautés péruviennes, boliviennes et brésiliennes attendent de lui un message d’espoir. C’est ce qu’explique Angelton Arara venu du Brésil :

Nous avons beaucoup de besoins et nous espérons que le pape, avec toute l’Eglise, le Vatican, prête attention et nous voit de manière chaleureuse et avec amour, les peuples indigènes du Brésil et d’autres pays

Dans toute l’Amazonie, ils luttent contre les entreprises, les Etats et les trafiquants pour défendre leurs terres. Un combat qu’ils entendent bien partager avec le Pape François.  C’est pour cela que les membres de la communauté péruvienne Ese Eja de Palma Real lui remettront un arc et une flèche. Lui faire comprendre l’urgence de la situation sera essentiel comme l’explique Jojaje Eriney, 43 ans, de la tribu Ese Eja de Palma Real à l’AFP.

Il faut qu’il nous sauve la vie, nous ne pouvons pas disparaître. Il faut que l’état péruvien nous rende nos terres. C’est l’unique fenêtre, l’unique opportunité.

Des populations fragilisées qui attendent beaucoup du Pape François

Pourtant, dans les communautés, beaucoup ignorent même qui est réellement le Pape François. Ici, on l’appelle plutôt “Papachi” ou “Apaktone”, des surnoms affectueux que l’on pourrait traduire comme “le vieux gentil” ou “le vieux papa”. Le fait que le Pape soit d’origine argentine et qu’il multiplie les déplacements en Amazonie constituent clairement des messages positifs selon les organisations locales. Il s’est par ailleurs positionné fortement pour la défense de l’Amazonie à travers son encyclique “Laudato Si”. Interrogé par nos confrères de Cath.ch, Ortiz Roca, secrétaire exécutif de la Commission Episcopale de l’Action Sociale (CEAS) rappelle par ailleurs que les problèmes locaux concernent toute la population, pas seulement les communautés indigènes.

 Il faut rappeler qu’à Puerto Maldonado, l’extraction minière illégale et informelle est très fortement présente. Elle est très polluante et génère une forte insécurité, des problèmes de traite de personnes et d’autres désastres.

Préserver l’Amazonie de l’exploitation outrancière devrait donc faire partie de son agenda. Mais beaucoup au Pérou espèrent désormais qu’il le dise dans un discours prononcé sur place. Dans ce pays où on se déclare encore catholique à 82%, le message n’en serait que serait plus fort.

Publié le vendredi 19 janvier 2018 à 11:24, modifications vendredi 19 janvier 2018 à 10:08

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !