Monde

Malte : La journaliste d’investigation Daphne C. Galizia a été assasinée

Daphne Caruana Galizia, journaliste célèbre à Malte pour avoir dénoncé la corruption dans son pays a été assassinée ce lundi 16 octobre. Sa mort a provoqué une vague d’indignation dans le pays.

Daphne Caruana Galizia, âgée de 53 ans et mère de trois enfants, était une célèbre journaliste à Malte. Elle est à l’origine de graves accusations de corruption contre le gouvernement de son pays, qui avaient provoqué des élections anticipées en juin. Ce lundi, alors qu’elle circulait au volant de sa voiture, près de Bidnija, dans le nord de Malte, son véhicule a explosé. Une bombe avait été placée sous l’engin.

La “Wikileaks” de Malte

L’an dernier, la journaliste avait été la première à révéler les sociétés offshore détenues par Keith Schembri, le chef de cabinet du Premier ministre travailliste, Joseph Muscat, et par le ministre de l’Energie, Konrad Mizzi. Par la suite, elle avait accusé la femme du Premier ministre d’être la bénéficiaire d’un compte au Panama, pour y abriter, entre autres, un million de dollars versés par la fille du président azerbaïdjanais Ilham Aliyev. Ainsi, la justice mène même une enquête.

Daphne Caruana Galizia s’est également attaquée à l’industrie du tabac. En effet, elle a révélé que le vice-gouverneur de la Banque centrale de Malte, Alfred Mifsud, avait été rémunéré pendant plusieurs mois par Philip Morris au début des années 2010.

Émotion dans le pays

Une heure avant sa mort, Daphne Caruana Galizia avait répété sur son blog ses accusations contre Keith Schembri. Elle le qualifie d’«escroc» qui use de son influence au gouvernement pour s’enrichir. Elle avait écrit : «Il y a des escrocs partout où l’on regarde. La situation est désespérée».

Joseph Muscat a tenu à s’exprimer sur la mort de la blogueuse :

Ce qui s’est passé aujourd’hui est inacceptable à de nombreux niveaux. Aujourd’hui est une journée noire pour notre démocratie et notre liberté d’expression. Je n’aurai de cesse que justice soit faite

Dans le pays sa mort a provoqué une vague de soutien mais aussi d’indignation. Ainsi, beaucoup de personnes se sont alors regroupées afin d’allumer des bougies et de déposer des fleurs en la mémoire de la journaliste. Beaucoup parlent de “journée noire pour le journalisme”.

Malte est placé 47 ème dans le classement de Reporters sans frontières concernant la liberté de la presse. D’ailleurs, les poursuites judiciaires à l’encontre des médias sont courantes. Selon Politico, Caruana Galizia pouvait attirer certains jours jusqu’à 400 000 lecteurs. Un chiffre qui représente presque autant que la population totale de l’île. De plus, le quotidien l’avait classée parmi les 28 personnalités qui faisaient bouger l’Europe. Politico la décrit comme «un WikiLeaks entier en une seule femme, en croisade contre le manque de transparence et la corruption à Malte».

Publié le mardi 17 octobre 2017 à 12:02, modifications mardi 17 octobre 2017 à 12:02

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