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Les ravages de l’ouragan Florence en Caroline du sud auraient pu être évités si l’Etat avait pris les mesures nécessaires

Jusqu’où faudra-t-il aller pour qu’une véritable prise de conscience collective émerge des milieux politiques et de la société civile ?

La Caroline du nord, état du sud-est des Etats-Unis, émerge actuellement des pluies diluviennes provoquées par l’ouragan Florence. Pourtant, les autorités régionales avaient décidé de ne pas prendre en compte les recommandations environnementales liées à la montée des eaux. L’Etat en paie aujourd’hui le prix fort, puisque son gouverneur Roy Cooper a annoncé l’alerte maximal en évoquant un véritable “ravage”.

Des localités entières détruites

Avec des vents à près de 170 km/h et des pluies torrentielles, l’ouragan Florence se situe au niveau 4 sur 4 sur l’échelle de Saffir-Simpson. Des inondations catastrophiques sont déjà à déplorer, à cause de la crue de rivières comme la Neuse, qui est montée à 3 mètres au-dessus de son niveau historique. Résultat, 500 000 personnes ont été coupées d’électricité, sur les 10 millions d’habitants que compte l’Etat, tandis que 20 000 autres ont dû trouver refuge dans des centres d’accueil rapportent nos confrères de usbeketrica.com

Les villes fluviales sont particulièrement affectées par les inondations, puisque le niveau de l’eau est parfois monté jusqu’à 2 ou 3 mètres, détruisant tout sur son passage. L’Ouragan a heureusement perdu en intensité ce week-end, laissant derrière lui de nombreuses villes ravagées.

Mais ces dégâts considérables ne sont pas simplement dus à la force de l’ouragan. En effet, des décisions politiques déplorables ont contribué à cette situation, comme le rappelle un article du Guardian qui a révélé le 12 septembre 2018 que l’Etat avait refusé de prendre les mesures nécessaires pour éviter la monté des eaux en 2012.

Toujours le même argument

Cette année-là, un groupe d’experts avaient présenté un rapport au parlement de Caroline du Nord basé sur une compilation de 7 études scientifiques prévoyant une augmentation potentielle du niveau de l’océan de près de 1 mètre d’ici 2100 dans un contexte de réchauffement climatique.

Mais un groupe de lobbyistes s’était interposé pour empêcher au parlement d’adopter une loi pour inscrire de nombreuses régions en zone inondable et construire les infrastructures nécessaires, ce qui aurait eu pour effet de “saper l’économie de la côte” en empêchant d’exploiter certaines zones et d’augmenter considérablement les “coûts d’assurance” dans la région. Toujours le même argument…

La majorité républicaine de l’Etat avait alors commandé une contre-étude pour nier les résultats de la première, en évoquant une hausse du niveau de la mer de 15 à 20 centimètres d’ici 2030. Mais de nombreuses autres études indépendantes ont déjà montré que près de 20 localités de Caroline du nord seront recouvertes par la mer d’ici 15 ans. Ce n’est pas étonnant, puisque le niveau des eaux est déjà en hausse de 76 centimètres par rapport aux données enregistrées il y a 30 ans.

Le nouveau gouverneur de l’Etat Roy Cooper a quant à lui fait évoluer la politique de son Etat en rejoignant l’alliance pour le climat, constitué par les Etats ayant refusé de suivre la politique du président Trump sur ce sujet. Mais les mesures restent encore bien trop modestes pour empêcher ce genre de catastrophe de se déclencher de plus en plus régulièrement. Au contraire, on déplore de plus en plus de bâtiments construits sur la côte, sans parler des ponts et autres autoroutes en bordure de mer.

Un dernier avertissement ?

Combien d’autres catastrophes faudra-t-il pour que les autorités prennent enfin conscience de l’ampleur du problème ? En effet, tous les experts s’accordent pour dire que le réchauffement climatique va augmenter l’intensité de ces événements. Les tempêtes, qui se nourrissent de la chaleur et de l’humidité de certains vents et courants aquatiques, seront donc amenés à être de plus en plus extrêmes dans les prochaines années.

L’année dernière, en 2017, des tempêtes particulièrement destructrices avaient déjà ravagé plusieurs îles des Antilles, comme le cyclone de force 5 qui avait ravagé les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélémy, avant de toucher la Martinique et la Guadeloupe. Mais ces événements climatiques se rapprochent même des côtes européennes, puisqu’un ouragan avait même touché la cote irlandaise en 2017, faisant de nombreux dégâts et causant même plusieurs morts.

Le climat global est déjà de 1 degré supérieur à celui qui existait avant l’ère industrielle. On estime qu’au-delà de 2 degrés de différence, un emballement généralisé pourrait survenir, avec son cortège de cataclysmes majeurs. 

Publié le lundi 17 septembre 2018 à 10:39, modifications lundi 17 septembre 2018 à 8:50

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