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Les eurosceptiques aux portes du pouvoir en Italie

L’Italie, 3e économie de la zone euro, était sur le point lundi de livrer son destin à deux partis antisystème et eurosceptiques: le Mouvement 5 Etoiles (M5S) et la Ligue ont trouvé un accord de gouvernement et devraient annoncer le nom d’un futur Premier ministre.

Luigi Di Maio, le jeune leader du M5S, ainsi que le chef de la Ligue Matteo Salvini (extrême droite), doivent être reçus lundi au Quirinal, le palais présidentiel, pour présenter les détails de cet accord.

Quelque 70 jours après les législatives, qui n’ont pas permis de dégager une majorité claire au Parlement, les deux formations ont trouvé des points de convergences pour former le premier gouvernement antisystème en Italie, et même en Europe occidentale.

Dès dimanche, M. Di Maio a brièvement téléphoné au secrétaire général de la présidence, pour annoncer qu’il était prêt, avec M. Salvini, “à rendre compte de tout, y compris le nom du futur Premier ministre”, et ce dès lundi, a indiqué l’agence AGI, citant des sources des deux partis.

Le nom du nouveau chef du gouvernement italien devra être validé par le chef de l’Etat, Sergio Mattarella, qui pourrait annoncer sa nomination en début de semaine.

Ce sera “un politique et non un technicien“, a indiqué dimanche M. Di Maio à l’issue d’une deuxième journée de tractations, à Milan (nord), avec son homologue d’extrême droite Matteo Salvini et leurs principaux lieutenants.

Un représentant du M5S, joint par l’AFP, a indiqué que Luigi Di Maio tenait à réserver la primeur des informations sur le programme du futur gouvernement et le nom du chef du gouvernement au président de la République.

Le président italien Sergio Mattarella le 7 mai 2018 au palais du Quirinal à Rome

(credit photo AFP) Le président italien Sergio Mattarella le 7 mai 2018 au palais du Quirinal à Rome

Selon les médias, le candidat pour diriger l’Italie devrait être une “tierce personne” n’appartenant ni à la Ligue ni au M5S. Elle devra aussi faire autorité au plan international et être en mesure de rendre compatible avec Bruxelles la tonalité eurosceptique du futur exécutif.

1er gouvernement antisystème

Plusieurs noms étaient avancés dimanche par la presse transalpine : l’économiste Guido Tabellini, 62 ans, la diplomate Elisabetta Belloni, 59 ans, actuelle secrétaire générale du ministère des Affaires étrangères, Michele Geraci, 50 ans, professeur d’économie à la New York University de Shanghai ou encore le président de la société italienne de construction navale Fincantieri, Giampiero Massolo, 63 ans.

Selon la Constitution italienne, les ministres sont nommés par le président de la République sur proposition du chef du gouvernement désigné.

Il est de coutume que ce dernier accepte dans un premier temps la charge “avec réserve”. Après une série de consultations pour former son équipe, il revient au palais présidentiel pour y être officiellement nommé.

Après avoir passé au crible une vingtaine de points, la Ligue et le M5S se seraient accordés sur la nécessité de revenir sur une réforme retardant progressivement l’âge de départ à la retraite. Il est actuellement fixé à 66 ans et sept mois, avant de passer à 67 ans en 2019.

Il est probable que soit introduit le barème 100, à savoir la possibilité de quitter le travail lorsque la somme de l’âge et des années de cotisation est égale à 100 (par exemple 64 ans et 36 ans de cotisations).

Un compromis aurait aussi été trouvé sur un report à 2019 du revenu de citoyenneté, une idée forte du M5S, ainsi que sur une reconfiguration de la “flat tax” voulue par la Ligue. Selon le M5S, ce taux d’imposition unique de 15% pour les Italiens pèserait trop lourdement sur les comptes publics.

Des migrants face à la côte sicilienne la 10 mai 2018

(credit photo AFP) Des migrants face à la côte sicilienne la 10 mai 2018

Le dossier le plus sensible est sans doute celui de l’immigration, “l’approche de la Ligue étant plus musclée que celle du M5S”, selon le quotidien Il Corriere della Sera.

Pour la composition du gouvernement, Ligue et M5S doivent aussi s’entendre sur leurs poids relatifs : face aux plus de 32% obtenus par le M5S aux législatives, M. Salvini s’appuie depuis deux mois sur les 37% de la coalition de droite, mais la Ligue n’en a obtenu que 17%.

Publié le lundi 14 mai 2018 à 10:39, modifications lundi 14 mai 2018 à 9:55

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