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Le meurtrier Marc Dutroux envoie une lettre d'”apaisement” à ses victimes survivantes et à leurs parents

Le meurtrier Marc Dutroux envoie une lettre d'"apaisement" à ses victimes survivantes et à leurs parents

Pour sa seconde demande de libération conditionnelle, Marc Dutroux adresse un courrier “d’apaisement” écrit par son avocat, à ses victimes survivantes et aux familles de celles qu’il a tuées.

Il est l’un des tueurs les plus célèbres de l’Histoire de la criminalité française. Marc Dutroux, psychopathe, pédophile et tortionnaire, a été reconnu coupable de viols, de séquestrations et de plusieurs assassinats d’enfants et d’adolescentes, commis en Belgique avec la complicité de son épouse Michelle Martin.

Condamné en 2004, après de multiples peines, à l’emprisonnement à perpétuité, le meurtrier incarcéré depuis 22 ans en Belgique s’apprête à transmettre un courrier à ses victimes survivantes et aux familles de celles qu’il a assassinées, pour les intérêts de sa demande de libération conditionnelle.

Un courrier “pacifique” en vue d’une demande de libération conditionnelle

C’est Maître Bruno Dayez, son avocat, qui s’est chargé de rédiger et de poster la missive que recevront  Sabine Dardenne, Laetitia Delhez, les parents de Julie, de Mélissa, d’An et d’Eefje, dès cette semaine ou en début de semaine prochaine.

Le pénaliste explique qu’il s’agit d’un courrier « d’apaisement et d’ouverture », approuvé par son client qui a demandé quelques modifications du texte. Pour l’avocat, il s’agirait avant tout de faire « une démarche envers les victimes » et d’« ouvrir la porte » aux demandes éventuelles de celles-ci :

Nous ne voulons pas la guerre. Marc Dutroux a donné son aval sur le texte, moyennant quelques petits changements. Il s’agit d’une lettre d’apaisement, d’ouverture. Marc Dutroux, qui reconnaît son entière et accablante responsabilité dans la mort des quatre enfants (…) même s’il ne les a pas tués directement, s’adresse aux parents et à ses victimes pour leur dire qu’il est prêt à répondre à leurs sollicitations.

A confié Me Dayez au média belge Sud info.be

Une seconde lettre pour une seconde demande

En 2012, Marc Dutroux avait fait parvenir de sa propre initiative une première lettre manuscrite de 44 pages à Jean-Denis Lejeune, le père de Julie, l’une de ses victimes morte de faim dans une cave. Il entendait ainsi livrer sa vérité sur l’affaire qui porte son nom, afin de se décharger de nombreuses responsabilités qu’il attribue à son ex-femme et ses complices, alors décédés. Se disant attristé par la quête de vérité du père endeuillé, qu’il dit également comprendre, sa démarche est qualifiée par le journaliste Michel Bouffioulx de « faux intellectuel » et de « lecture révisionniste » de l’affaire.

Cet événement intervenait dans le cadre de sa demande de liberté conditionnelle faite en novembre 2012 et rejetée en février 2013 par le tribunal d’application des peines de Bruxelles pour des risques de récidive et « l’absence de perspective de réinsertion ». Son médecin Michel Manage affirme à l’époque lors d’un débat télévisé qu’il n’a pas changé en seize ans d’incarcération.

Une “question de dignité humaine”

Le nouvel avocat de Marc Dutroux, désormais âgé de 61 ans, soutient que son client n’a plus sa place en prison :

Il n’est pas digne de laisser un être humain plus de 25 ans en prison, de le laisser pourrir au fond d’une oubliette. C’est une question de dignité humaine.

Estime Maître Bruno Dayez, souhaitant le faire sortir de prison avant sa mort, soit en 2021, comme il le déclarait en 2017.

Publié le mercredi 22 août 2018 à 19:23, modifications mercredi 22 août 2018 à 14:52

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