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Le Liban abroge une loi permettant aux violeurs d’échapper à la justice

L’article 522 du code pénal du Liban permet à un violeur d’échapper à toute poursuite judiciaire s’il se marie… avec sa victime. Une organisation libanaise se mobilise activement pour l’abolition de cette loi. Une campagne décisive qui marque une étape importante dans un pays très conservateur qu’est le Liban.

Le Liban a réussi à abroger l’article de la loi 522 qui dépénalise le violeur s’il épouse sa victime. Le parlement a cédé après plusieurs manifestations. Des femmes défilaient vêtues de robes blanches pour dénoncer une ancienne loi protégeant les auteurs de viol. Une grande victoire puisque celle-ci a enfin été abolie mercredi par la commission parlementaire de l’Administration et de la Justice libanaise.

L’article 522 : une loi juste pour sauver “l’honneur”

Le mercredi 7 décembre 2016 restera sans doute une date clé dans l’histoire du Moyen Orient. Et pour cause, le projet d’abrogation de larticle 522, qui date de 1948, a été présenté par un député. Il y a quelques semaines seulement, la Turquie a tenté de faire passer une mesure similaire, mais qui s’est soldée par un échec. Au Liban, les violeurs pouvaient échapper à la justice grâce à une loi rapporte le site Konbini. Cela leur sera désormais difficile de contourner la loi.

En effet, si le code pénal prévoit une peine de prison en cas de viol, l’article 522 permet en revanche aux bourreaux d’échapper à la justice s’ils épousaient… la victime. Histoire de sauver l’honneur de la famille de la victime.

Une robe blanche ne couvre pas un viol.

Rappelle l’ONG libanaise Abaad qui milite pour les droits des femmes. Elle avait d’ailleurs lancé la campagne #undressed522 (Déshabillez la 522) qui a rencontré un grand succès. Elle réclamait en effet l’abolition de la loi considérée comme un second viol. Aujourd’hui, l’organisation peut donc se féliciter d’une première victoire.

Un grand pas en avant pour le Liban

La commission parlementaire de l’Administration et de la Justice libanaise a voté à l’unanimité dans ce sens mercredi 7 décembre 2016. Robert Ghanem, à la tête de cette commission, a insisté auprès des médias locaux sur le fait que les violeurs doivent tous être jugés et condamnés. De plus, il a expliqué que des amendements devront être élaborés afin que les peines prévues par la loi soient appliquées.

Par ailleurs, la commission doit se réunir en décembre prochain afin de voir en détails l’abolition de cette loi. La proposition sera ensuite soumise au vote du Parlement.

Publié le samedi 10 décembre 2016 à 16:42, modifications samedi 10 décembre 2016 à 16:42

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