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Syrie : La lente agonie des habitants d’Alep

« Nous sommes victimes d'un des pires massacres de l'histoire moderne »

Alors que les forces syriennes sont en train de reconquérir la ville d’Alep dans un épouvantable bain de sang, l’ONU a imputé les meurtres de 82 civils, dont des femmes et des enfants, aux forces pro-syriennes.

Depuis quatre ans, Alep en Syrie est divisée en deux parties. D’un côté, l’Est, occupé jusqu’alors par les rebelles. De l’autre, l’ouest tenu par les forces pro-gouvernementales. Ces dernières ont entrepris de reprendre coûte que coûte la totalité de l’ancienne capitale économique.

Un objectif qui est en passe d’être atteint ce mardi 13 décembre, au prix de milliers de vies humaines.

Ainsi, les récits et les témoignages qui sont relayés sur les réseaux sociaux sont glaçants. En effet, alors qu’Alep est tombée aux mains du régime de Bachar-al-Assad, les habitants de l’une des plus anciennes villes syriennes font état de massacres et d’exécution de sang-froid.

Après quatre semaines de violents offensives des armées du régime et de ses alliés, plus de 10 000 civils ont fui les zones rebelles ces dernières 24 heures pour rejoindre les secteurs gouvernementaux. Selon les données de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), cela porterait à 130 000 le nombre d’habitants ayant déserté leur ville.

De plus, à Alep, au moins 82 civils, dont 11 femmes et 13 enfants, ont été tués lors des dernières 48 heures par les forces du régime, selon l’ONU. L’Unicef ajoutait en début d’après-midi que plus de 100 enfants non-accompagnés étaient dans un immeuble au milieu des bombardements.

Ils rassemblent les gens en pleine rue, ils regroupent les familles dans les halls des immeubles et puis ils les tuent. Ils tuent les femmes, les enfants, les hommes.

A témoigné Ahmed, un médecin joint par Europe 1 ce mardi 13 décembre.

Un acharnement ?

Ce dernier a dénoncé l’acharnement sadique opéré par les forces de Bachar al-Assad :

Quand les gens se cachent dans leurs maisons ou dans leurs caves. Ils détruisent les bâtiments pour qu’ils s’effondrent sur eux.

Par conséquent, le long calvaire des civils d’Alep, coincés entre les soldats de Bachar el-Assad et ses alliés miliciens, déchiquetés par les bombes russes et syriennes d’une part, et ce qui reste des rebelles d’autre part, ne semble pas prendre fin.

Ainsi, la deuxième ville de Syrie est n’est plus qu’un immense tas de gravats et de corps. Dans le même temps, la télévision d’État a diffusé toute la journée des scènes de liesse supposément filmées dans Alep ouest.

Encerclés par les miliciens pro-régime et retranchés dans deux quartiers situés à l’Est de la ville, quelques dizaines de milliers d’habitants ont passé la nuit entre la vie et la mort.

Ils ont raconté leur cauchemar sur les réseaux sociaux :

De plus, les photos qui circulent sur Internet illustrent l’ampleur de la tragédie.

A l’image de ce vieil homme poussant son épouse dans une charrette chargée de colis empilés à la va-vite.

Ou encore des hommes au visage affolé, blanchi par la poudre d’explosif avec ce commentaire :

Ce ne sont pas des zombies. Ils ne jouent pas la comédie. Ils fuient la mort vers la mort.

Un espoir est tout de même apparu ce mardi 13 décembre après-midi. En effet, les rebelles ont annoncé avoir conclu accord pour laisser la population et les rebelles sortir d’Alep Est. Cet accord a été conclu sous l’égide de la Russie et de la Turquie.

Le conseil de sécurité de l’ONU se réunit actuellement à New-York à la demande de la France et du Royaume-Uni. En effet, François Hollande a demandé que tout soit mis en oeuvre « pour permettre l’évacuation de la population ».

Publié le mercredi 14 décembre 2016 à 9:02, modifications mercredi 14 décembre 2016 à 9:03

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