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La Grèce sous le choc face aux incendies: 50 morts dont des enfants

La découverte macabre mardi matin dans une cour près d’Athènes de 26 personnes carbonisées, dont des “petits enfants”, a provoqué stupeur et deuil en Grèce, qui fait face depuis lundi aux incendies les plus meurtriers depuis 2007, avec un bilan d’au moins 50 morts et 172 blessés.

C’est dans la station balnéaire de Mati, à une quarantaine de km à l’est d’Athènes, que ces 26 personnes carbonisées ont été retrouvées enlacées par groupes, “dans une dernière tentative pour se protéger”, a raconté un sauveteur, Vassilis Andriopoulos.

Les récits des responsables et des résidents décrivent un déluge de flammes qui s’est abattu lundi après-midi sur la côte orientale de la capitale, piégeant les victimes chez elles, dans leurs voitures ou à quelques mètres des plages qu’ils tentaient de rejoindre.

Photo du 24 juillet 2018 montrant des voitures brûlées à Mati près d'Athènes

(credit photo AFP) Photo du 24 juillet 2018 montrant des voitures brûlées à Mati près d’Athènes

A Mati, la violence des vents, avec des pointes à plus de 100 km/h, a “provoqué une progression foudroyante du feu dans le tissu urbain”, a expliqué la porte-parole des pompiers, Stavroula Maliri.

“Mati n’existe plus”, a lancé le maire du port proche de Rafina, Evangélos Bournous, recensant “plus de mille bâtiments et 300 voitures” endommagées, dont les carcasses fumaient toujours dans une âcre odeur de brûlé.

Dès lundi après-midi, M. Bournous avait prédit un bilan tragique, alors que les pompiers apparaissaient débordés.

Mardi en fin de matinée, le gouvernement recensait officiellement 50 morts. On dénombrait aussi 172 blessés, dont 16 enfants. 11 adultes se trouvaient dans un état grave.

Les rescapés ont passé des heures d’angoisse noyés sous des nuages de cendre au bord de l’eau, dans l’attente des secours.

Des Grecs observent un feu de forêt à Rafina dans la banlieue d'Athènes, en Grèce, le 23 juillet 2018

(credit photo AFP) Des Grecs observent un feu de forêt à Rafina dans la banlieue d’Athènes, en Grèce, le 23 juillet 2018

Quelque 715 personnes ont été évacuées par la mer jusqu’à Rafina, dans la balieue d’Athènes, a précisé le gouvernement. Les autorités s’employaient mardi à reloger dans des hôtels les victimes se retrouvant sans logis.

Au moins cinq personnes ont également péri en mer, où des recherches de poursuivaient. L’identification des victimes ne faisait que commencer, dans cette zone également fréquentée par des touristes étrangers.

Renforts et condoléances

Le feu ne progressait plus dans le secteur dans la matinée, mais les pompiers restaient mobilisés pour prévenir tout nouvel embrasement.

Une maison brûle lors des incendies à Mati, près d'Athènes, le 23 juillet 2018

(credit photo AFP) Une maison brûle lors des incendies à Mati, près d’Athènes, le 23 juillet 2018

Un front avançait par contre toujours à Kineta, à une cinquantaine de km à l’ouest de la capitale, où un premier incendie avait éclaté lundi matin, là aussi dans une zone de pinèdes parsemée de résidences secondaires.

Dans l’immédiat, aucune victime n’y était signalée, mais nombre de voitures et maisons sont parties en fumée.

Dès le lever du jour, les avions et hélicoptères de pompiers ont repris leurs opérations, interrompues par la nuit, tandis que deux canadairs espagnols et 60 pompiers chypriotes étaient attendus en renfort après l’activation par Athènes du mécanisme européen de protection civile.

Le pays s’est aussi vu offrir de l’aide par la France, Israël, la Bulgarie et la Turquie, tandis que les messages de condoléances affluaient de l’étranger.

Grèce

(credit photo AFP) Grèce

“La Commission européenne n’épargnera pas ses efforts pour aider la Grèce” a tweeté son président Jean-Claude Juncker.

Un numéro vert a été mis à disposition des habitants pour signaler des disparus, tandis que des familles postaient des tweets pour retrouver des proches.

L’Attique en cendres

“Enfer de Dante”, titrait mardi le journal Ta Nea (opposition centriste), “L’Attique en cendres”, résumait le quotidien de centre-gauche Ethnos.

Coutumier des incendies estivaux, le pays n’avait pas connu de tel drame depuis les feux géants qui avaient tué 77 personnes en 2007 dans le Péloponnèse et sur l’île d’Evia. A l’époque, les victimes avaient été piégées dans des zones montagneuses et reculées.

Avant même que la polémique ne s’engage sur la réponse de l’appareil d’Etat, le gouvernement a souligné avoir dû faire face à un phénomène “extrême”, “asymétrique” selon M. Tsipras, qui a écourté une visite en Bosnie.

Le porte-parole du gouvernement Dimitris Tzanakopoulos a relevé qu’il y avait eu “15 départs de feu simultanés sur trois fronts différents” en Attique. Les Etats-Unis ont prêté un drone pour survoler l’Attique et “observer et détecter toute activité suspecte”, a-t-il ajouté.

La présidence de la République a annulé la réception annuelle prévue mardi pour commémorer le rétablissement de la démocratie en Grèce en juillet 1974. Le drapeau été mis en berne sur le Parlement.

Les incendies ont démarré alors qu’une vague de chaleur s’abattait sur le pays, avec des températures grimpant jusqu’à 40 degrés Celsius. Selon les services météo, les conditions doivent rester difficiles mardi, quoique les températures en Attique soient prévues en baisse, avec des averses.

Publié le mardi 24 juillet 2018 à 13:47, modifications mardi 24 juillet 2018 à 12:39

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