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Kazakhstan : Une militante LGBT condamnée à payer une amende pour avoir parlé de menstruations en public

Kazakhstan : Une militante LGBT condamnée à payer une amende pour avoir parlé de menstruations en public

Une militante d’un groupe LGBT du pays d’Asie centrale vient d’être condamnée à payer une amende pour hooliganisme, alors qu’elle manifestait pacifiquement pour dénoncer le tabou des menstruations au Kazakhstan.

Ce lundi, un tribunal d’Almaty, capitale économique du Kazakhstan, a condamné une jeune militante LGBT à payer une amende pour « hooliganisme » alors qu’elle participait à une séance photo dans le centre ville visant à défaire le tabou des menstruations féminines dans le pays.

Les règles, un sujet “honteux” pour les Kazakhes

La jeune femme engagée se nomme Janar Sekerbaïeva, elle est la co-fondatrice du groupe féministe Feminita et se voit contrainte de payer une amende dont le montant équivaut à 35 dollars, soit 30 euros. Dans un post sur son site, le groupe Feminita dénonce le silence qui entoure le sujet des règles au Kazakhstan :

Puisque ce sujet a été et reste toujours honteux dans la société kazakhe: on n’en parle pas et on préfère éviter toute discussion là-dessus.

Ont écrit les militantes.

Sur une photo de la manifestation publiée sur Facebook, on peut voir deux des manifestants porter une protection hygiénique accrochée à leurs vêtements et coloriée en rouge pour simuler du sang menstruel, tandis qu’ils brandissent des pancartes faites mains affichant des slogans et des dessins évoquant les règles.

Les militants violentés

En commentaire, Feminita indique que l’événement était pacifique, et que les militants ne faisaient que circuler dans la rue, sur le « arbat », en répondant aux questions des passants. Des détracteurs s’en sont alors pris violemment aux militantes, leur arrachant les pancartes et les agressant jusqu’à conduire certains membres du groupe à l’hôpital. Un journaliste présent sur les lieux est parvenu à faire une séance photo de la marche.

Amnesty International dénonce le bâillonnement de la militante

Le lendemain de l’inculpation de Janar Sekerbaïeva, Amnesty International a dénoncé les poursuites à son encontre, appelant à y mettre fin « immédiatement ». L’ONG pointe un « stigmate néfaste » :

Au lieu de chercher des solutions pour briser le stigmate néfaste qui entoure la menstruation au Kazakhstan, les autorités ont choisi de mettre fin à la discussion que Janar Sekerbaïeva avait lancée de manière si courageuse.

A déclaré Heather Mcgill, en charge de la recherche d’Amnesty International en Biélorussie, Ukraine et Moldavie depuis 15 ans.

Selon les informations de l’organisation, l’ex-république soviétique d’Asie centrale serait encore conservatrice et le respect des droits de l’homme, ainsi que la liberté de la presse y sont critiques.

Publié le mardi 21 août 2018 à 17:02, modifications mardi 21 août 2018 à 11:25

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