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JO Rio 2016 : Carlos Nuzman, le président du CIO brésilien, arrêté pour corruption

Carlos Nuzman est soupçonné d’avoir acheté des voix pour obtenir les Jeux Olympiques de 2016.

Carlos Nuzman, le président du Comité olympique brésilien (COB) et du comité d’organisation des Jeux de Rio, a été arrêté jeudi 5 octobre.

Des pots-de-vin pour deux millions de dollars

L’homme de 75 ans est soupçonné d’avoir acheté des voix afin d’obtenir les Jeux Olympiques de 2016. Ainsi, il est accusé des délits de « corruption, blanchiment d’argent et participation à une organisation criminelle ».

Sur ordre d’un juge fédéral, près de vingt policiers ont procédé aux premières heures de la matinée, à Rio, à l’interpellation de l’ancien volleyeur international qui avait disputé les J.O. de Tokyo en 1964. Ils ont également arrêté son bras droit, Leonardo Gryner, le directeur général des opérations du comité d’organisation des J.O.

A la tête à la fois du Comité de candidature et du Comité d’organisation des JO de Rio, Carlos Nuzman, a également été suspendu vendredi de tous ses droits de membre honoraire. Ainsi que de toutes ses fonctions au sein du CIO, notamment de la commission d’évaluation des JO-2020 à Tokyo.

Selon la police fédérale, il aurait été « l’élément central » d’un réseau présumé de corruption. Les procureurs assurent que le président du COB a augmenté son patrimoine de 457% ces dix dernières années et qu’il a tenté de dissimuler des avoirs aux autorités. Ainsi, Carlos Nuzman n’aurait pas déclaré la possession de 16 lingots d’or de 1 kilo chacun.

Par conséquent, le parquet de Rio a ordonné le gel de 1 milliard de réals (270 millions d’euros) d’avoirs au total des deux hommes.

Déjà entendu en septembre

Carlos Nuzman avait déjà été entendu le 5 septembre dernier par la police fédérale. A l’époque, son passeport lui avait été confisqué. La résidence de Nuzman, située dans le très chic quartier de Leblon, avait été perquisitionnée. De même que le siège du Comité olympique brésilien et de nombreuses entreprises cariocas. En effet, celles-ci seraient une pièce centrale d’un vaste et complexe schéma de pots-de-vin. Ils auraient transité par les paradis fiscaux jusqu’au Sénégal.

En outre, il s’agit d’une enquête de grande ampleur, puisque des enquêteurs français, dont le célèbre juge anti-corruption Renaud Van Ruymbeke, et d’autres américains y participent. Elle a été initiée par le Parquet financier français.

Simultanément, les autorités françaises avaient passé au crible le domicile d’un intermédiaire brésilien installé en France. Cela intervenait dans le cadre d’une enquête ouverte en 2015 en France. Elle porte sur les soupçons de corruption dans les élections de Rio-2016 et de Tokyo-2020.

L’ex-gouverneur de Rio, ordonnateur de la corruption ?

Cependant, la justice brésilienne soupçonne l’ex-gouverneur de Rio, Sergio Cabral.

L’homme, qui purge actuellement une peine de 14 ans de prison pour corruption passive et blanchiment d’argent, pourrait être été le cerveau de cette opération.

On parle ainsi d’un versement de pots de vin pour un montant de deux millions de dollars au Sénégalais Papa Massata Diack. Il s’agit du fils de l’ancien président de la Fédération internationale d’athlétisme et ex-membre du CIO, Lamine Diack.

Publié le dimanche 8 octobre 2017 à 10:36, modifications dimanche 8 octobre 2017 à 10:28

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