Monde

Japon : La députée Mio Sugita provoque un tollé en tenant des propos ouvertement homophobes

japon-la-depute-mio-sugita-provoque-un-tolle-en-tenant-des-propos-ouvertement-homophobes

Les Japonais LGBT s’élèvent contre les propos injurieux de la députée Mio Sugita, qui “se demande” si les homosexuels en tant que “personnes non reproductives” doivent encore bénéficier de “l’argent des contribuables”.

Tollé général pour une députée japonaise. A l’occasion d’un entretien accordé au magazine Shincho 45 mercredi 18 juillet, Mio Sugita, élue du Parti libéral démocrate (PLD) a exprimé une opinion qualifiée d’homophobe. Estimant que les personnes qui ne sont pas hétérosexuelles sont « non reproductives », la députée s’est demandé « s’il faut utiliser de l’argent des contribuables pour elles ». Et d’ajouter, comme le rapporte le Monde, qu’elle craint que les médias dans leur tolérance n’« encouragent » les individus « capables de vivre une romance normale et de se marier » à devenir « homosexuels ».

Députés et manifestants dénoncent un “discours de haine”

Ces propos sont loin de faire l’unanimité dans le pays. De fait, ils ont suscité une vague d’indignation. Plusieurs manifestations ont été organisées à Tokyo et à Osaka ce week-end pour dénoncer ces paroles. Des milliers de personnes se sont retrouvées devant le siège du PLD, dans la capitale nippone pour dénoncer les propos tenus par l’élue, pour qui la vie se résume à la procréation. Une manifestante lesbienne a exprimé son ressenti face à de telles déclarations.

C’est comme si on m’avait dit que je n’avais pas le droit de vivre

a confié la jeune femme.

Au sein même de sa famille politique, les points de vue divergent et pour certains, la position de l’élue reste controversée. Shunsuke Takei, ancien secrétaire parlementaire a qualifié ses dires de « discours de haine » qui n’appartient pas selon lui à la politique, tandis que le secrétaire général du parti, Toshihiro Nikai, est nettement moins sévère : « Hors des positionnements politiques, différentes personnes affichent des points de vue différents ».

Taiga Ishikawa, l’un des premiers responsables politiques du pays à se dire ouvertement homosexuel, s’est exprimé. Et l’homme, encarté dans le parti de l’opposition, prône l’inverse du discours de sa consœur :

L’homosexualité n’est pas la définition du malheur. Ce sont des remarques discriminatoires comme celles de Mio Sugita qui nous rendent malheureux.

A t-il déclaré, ajoutant qu’il craint que ce message rétrograde ne vienne ternir « considérablement la réputation du Japon » avant les Jeux olympiques de 2020 qui se dérouleront à Tokyo.

La communauté homosexuelle au Japon, encore discriminée

Le Monde rappelle que la situation des homosexuels au Japon est en passe d’évoluer, bien que des résistances conservatrices se manifestent encore. Si certaines municipalités telles que Sapporo (Nord du pays) autorisent le mariage entre deux personnes du même sexe, le premier ministre Shinzo Abe a émis des réserves sur le mariage pour tous en 2015. En novembre 2017, un autre membre radical du PLD, Wataru Takeshita, avait demandé à ce que les homosexuels ne soient plus invités aux réceptions de l’empereur Akihito.

Mio Sugita, pas plus tolérante envers les femmes

Quant à Mio Sugita, le quotidien indique qu’elle n’en est pas à sa première polémique. Car la députée tendant vers la frange nationaliste des parlementaires du pays possède des avis tout aussi discriminants et extrêmes sur nombre de sujets. Elle a nié l’existence de femmes dîtes « de réconfort », prostituées pour les soldats de l’armée nippone, et s’est opposée au développement du mouvement #MeToo au Japon.

Publié le mercredi 1 août 2018 à 15:17, modifications mercredi 1 août 2018 à 11:26

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !