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Irlande : Des drones pour faire évoluer les mentalités sur l’IVG

Mardi 21 juin, des drones envoyés par des organisations pro-choix distribueront des pilules abortives sur le territoire Irlandais dont la loi interdit toujours l’IVG.

Si le monde occidental a depuis des années revu sa vision des choses quant à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) avec notamment la France qui en a fait un droit depuis 1975, l’Irlande ne parait pas pressée de se mettre à jour. L’avortement semble y être considéré comme un crime et n’est autorisé en Irlande du Nord uniquement si la vie de la mère est en danger. Cette nation du Royaume-Uni a d’ailleurs rejeté en février dernier des propositions d’amendements afin de dépénaliser l’avortement en cas de grossesse engendrée par un viol ou un inceste, ainsi que la légalisation de l’IVG en cas de malformation fatale du fœtus.

Malgré l’Abortion Act en vigueur depuis 1967 en Angleterre, au pays de Galles et en Ecosse, la République Irlandaise n’a toujours pas autorisé l’avortement, où cela peut entraîner une peine d’emprisonnement de quatorze ans, voire à perpétuité. Une interdiction bien inutile puisqu’en 2015 selon Amnesty International, près de 25 000 irlandaises se sont rendues dans des pays voisins pour procéder à une IVG.

Les organisations Rosa, Alliance for Choice, Labour Alternative et Women on Waves se sont alors soulevées afin de marquer le coup et ont décidé d’envoyer des drones qui lâcheront des pilules abortives entre Omeath (comté de Louth, Irlande) et Narrow Water (comté de Down, Irlande du Nord). Ces organisations présentent leur initiative comme en étant un acte de « solidarité » face à des lois qui « violent les droits humains ». Une affirmation que semblent soutenir les Nations Unies qui ont déjà demandé à l’Irlande de revoir sa politique en matière d’avortement.

Les femmes qui prendront les pilules distribuées ne seront pas enceintes sous peine d’avoir affaire à la justice mais elles permettront une prise de conscience en montrant que ces pilules agréées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2005 ne sont pas dangereuses.

Women on Waves a déjà effectué un acte similaire en 2015 pour la Pologne qui interdit également l’IVG mais, contrairement à l’Irlande du Nord, l’autorise en cas de malformation grave du fœtus, de viol ou d’inceste.

Si vous vous trouvez en Irlande mardi 21 juin, regardez bien au-dessus de vos têtes car des pilules pourraient bien tomber sur votre tête.

Publié le lundi 20 juin 2016 à 16:02, modifications lundi 20 juin 2016 à 15:41

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