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Irak : La coalition internationale responsable d’une bavure à Mossoul ?

Des civils ont été tués dans un bombardement qui a frappé Mossoul le 17 mars. La coalition internationale enquête sur ses frappes aériennes, afin de déterminer s’il s’agit d’une bavure ou si Daech utilise les habitants comme boucliers humains.

La bataille de Mossoul bat son plein et n’épargne pas les civils.

Tandis que sur place les forces irakiennes progressent rue par rue pour libérer la ville irakienne des soldats de l’Etat islamique qui l’assiègent, des bombardements ont tué des dizaines de civils, ces derniers jours, dans l’ouest de la ville.

Si le bilan n’a pas précisément été révélé, un responsable irakien évoque «des centaines» de tués.

En effet, des dizaines de corps d’hommes, de femmes et d’enfants continuent d’être extraits par les membres de la protection civile d’immeubles en ruines situés près de l’hôpital Rahma.

Selon le gouverneur de la province de Ninive plus de 130 civils auraient été tués dans ce quartier Al-Djadida à l’ouest de Mossoul.

Or, des responsables locaux et des habitants attribuent l’effondrement à des frappes aériennes menées le 17 mars. Une attaque intervenue en appui de l’avancée des forces irakiennes contre l’organisation terroriste.

Mise en cause, la coalition internationale a reconnu samedi 25 mars, avoir frappé le secteur où les civils ont été tués.

A la demande des forces de sécurité irakiennes, la coalition a frappé des combattants et du matériel de Daech le 17 mars à Mossoul-Ouest. Dans le secteur correspondant à des allégations de victimes civiles.

A ainsi déclaré un porte parole de la coalition en précisant qu’elle cherchait à déterminer le «bien-fondé de ces allégations».

Les civils comme boucliers humains

Environ 600 000 personnes se trouvent encore dans les zones tenues par l’Etat islamique. Dont 400 000 dans la vieille ville, a affirmé jeudi un représentant du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) en Irak.

Pourtant, la hausse du nombre de victimes civiles traduit les difficultés rencontrées par les troupes irakiennes pour déloger les djihadistes de l’Etat islamique.

Désormais encerclés, ils sont déterminés coûte que coûte à se battre jusqu’au bout.

Ainsi, face à leur résistance acharnée, les forces irakiennes et les avions de la coalition font un recours accru aux bombardements aériens et aux tirs d’artillerie.

Cependant, leur tâche est rendue difficile par l’utilisation de plus en plus systématique par Daech de civils comme boucliers humains.

L’organisation terroriste Daech essaie de stopper par tous les moyens l’avancée des forces irakiennes à Mossoul. Elle rassemble des civils et les utilise comme boucliers humains.

A déclaré le général Mohamed Al-Djaouari, officier de la protection civile, à la presse

En effet, des habitants disent avoir été retenus par l’Etat islamique dans les habitations pendant les combats.

Certains ont accusé les djihadistes de les maintenir dans les étages inférieurs. Dans le même temps, leurs snipers ciblaient les forces irakiennes depuis le toit.

Les djihadistes nous ont retenus pendant une quinzaine de jours, sans nous laisser sortir.

Ont ainsi témoigné des habitants à l’AFP.

L’ONU a exprimé sa « profonde inquiétude ». Elle a appelé toutes les parties engagées dans le conflit à épargner les civils à Mossoul.

Nous sommes abasourdis par ces terribles pertes humaines.

A déploré Lise Grande, la coordinatrice humanitaire des Nations Unies pour l’Irak.

Rien n’est plus important que de protéger les civils.

Publié le dimanche 26 mars 2017 à 16:16, modifications dimanche 26 mars 2017 à 16:16

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