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Hans Asperger, qui a donné son nom à une forme d’autisme, a « activement coopéré » avec les nazis sur un programme d’euthanasie d’enfants

Selon une étude, le pédiatre Hans Asperger qui a donné son nom au syndrome d’Asperger a « activement coopéré », à plusieurs occasions, au programme nazi d’euthanasie d’enfants.

Le pédiatre autrichien Hans Asperger a « coopéré activement » avec le programme nazi d’euthanasie, selon une nouvelle étude publiée jeudi 19 avril dans le journal en accès libre Molecular Autism. En France, le nom du pédiatre est connu pour avoir donné son nom à une forme d’autisme. Celle-ci comprend des troubles des interactions sociales ou de la communication. Le docteur Asperger l’avait initialement décrit comme une « psychopathie autistique ». Pourtant, après sa mort en 1980 son nom lui avait été attribué.

Asperger a fait en sorte de s’adapter au régime nazi. Il fut récompensé avec des perspectives de carrière pour ses manifestations de loyauté.

Relate dans cette étude Herwig Czech, un historien de la médecine à l’Université de médecine de Vienne.

Le Dr Asperger a légitimé publiquement les politiques d’hygiène raciale, y compris les stérilisations forcées, et a coopéré activement, à plusieurs occasions, au programme nazi d’euthanasie d’enfants.

Poursuit-il.

Toutefois, Herwig Czech précise que le pédiatre a adhéré à plusieurs organisations affiliées aux nazis, sans jamais être membre du parti NSDAP (le parti nazi) lui-même.

En conformité avec les idées nazi

Pour étayer son propos, l’historien de la médecine explique avoir consulté de nombreuses publications dont des documents d’archives jusqu’alors inexploités. En effet, il a pu avoir accès aux dossiers personnels du pédiatre et des études de cas de ses patients. Il cite entre autre un document nazi de 1940 qui montre que Hans Asperger était « en conformité avec les idées national-socialistes sur les questions de race et les lois sur la stérilisation ». Ainsi, le pédiatre a affiché son allégeance aux principes fondamentaux de la médecine nazie lors de conférences publiques. Or, après l’annexion de l’Autriche par les nazis en mars 1938, il s’est mis à signer ses rapports de diagnostic avec la formule « Heil Hitler ».

Selon l’étude, le docteur Asperger a recommandé le transfert de deux fillettes, âgées respectivement de deux et cinq ans, au centre Am Spiegelgrund. Situé à l’intérieur de l’hôpital psychiatrique Steinhof de Vienne, c’est dans ce centre que sont morts près de 800 enfants. Considérés à l’époque comme dépourvus de « pureté raciale » et « d’intérêt héréditaire », ils ont été notamment tués par empoisonnement. Les deux fillettes, qui faisaient partie des victimes, étaient officiellement mortes de pneumonie.

Par ailleurs, le docteur Asperger a également fait partie d’une commission spéciale. Elle était chargée de décider du sort de quelque 200 malades dans le département pour enfants d’un autre hôpital. Parmi eux, 35 avaient été qualifiés « d’inéducables » et sont morts par la suite, selon l’étude.

Publié le vendredi 20 avril 2018 à 10:04, modifications vendredi 20 avril 2018 à 8:59

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