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Halimah Yacob devient la première femme présidente de Singapour

Pour la première fois de l’histoire de Singapour, une femme accède au poste de président de la République. Halimah Yacob a directement été nommée présidente du pays sans passer par les urnes.

Halimah Yacob a été choisie mercredi 13 septembre pour devenir la première femme présidente de Singapour. Il s’agit d’une première pour ce poste honorifique dans l’archipel d’Asie du Sud-Est. En effet, cette musulmane issue de la minorité malaise est la première femme à occuper ce poste. Elle accède automatiquement à la fonction suprême après l’élimination de deux rivaux potentiels. Selon les autorités, ceux-ci ne remplissaient pas tous les critères requis.

Première femme et musulmane

Avant d’accéder à la tête du pouvoir, Halimah Yacob, 63 ans, a été la présidente du Parlement de 2013 à 2017. Là encore, elle a été la première femme à occuper cette fonction. Avocate de formation, Halimah Yacob est entrée en 2001 au Parlement. Elle a alors débuté sa carrière en politique. Dix ans plus tard, elle est devenue ministre de la Jeunesse et des Sports puis ministre de la Famille. Musulmane et d’origine malaise, Halimah Yacob porte le voile. Cependant, tout au long de sa carrière, elle a milité contre l’islam radical.

Or, ses origines ont été l’objet de nombreux débats. En effet, fille d’un gardien de nuit indien, l’ancienne présidente du Parlement a dû prouver qu’elle appartenait bien à la communauté malaise de Singapour.

Election réservée aux Malais

En outre, la communauté chinoise étant l’ethnie majoritaire, c’est également la première fois que la présidence a été réservée à la communauté malaise. Une nouveauté qui fait écho à une réforme introduite en 2016 pour garantir que des représentants de différentes communautés ethniques puissent se succéder à la tête de l’État.

Le dernier président malais de Singapour était Yusof Ishak. Il a été au pouvoir de 1965 à 1970, pendant les premières années de l’indépendance de l’archipel. À l’inverse, ce n’est pas la première fois à Singapour, pays riche où la liberté d’expression est étroitement contrôlée, que des candidats à la présidentielle sont disqualifiés, rendant un scrutin inutile. En effet, ses deux rivaux potentiels ont été éliminés car ils ne remplissaient pas tous les critères requis, selon les autorités.

L’un des critères prévoit notamment que les candidats venant du secteur privé doivent justifier de trois ans de travail à la tête d’une entreprise. Cette dernière devant être dotée d’un capital d’au moins 500 millions de dollars singapouriens (310 millions d’euros).

Bien qu’il n’y ait pas eu d’élection, mon engagement de vous servir reste le même.

A déclaré Halimah Yacob à l’issue de sa nomination, en ajoutant :

Je serai la présidente de tous les Singapouriens. Sans tenir compte de l’ethnie, la langue ou la religion.

Parlant en anglais et en malai-bahasa, la mère de cinq enfants, a précisé que son élection, même par défaut, « montre combien Singapour respecte le multiculturalisme ».

Publié le jeudi 14 septembre 2017 à 10:16, modifications vendredi 15 septembre 2017 à 16:40

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