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Guerre au Yémen : L’Unicef alerte : « Un enfant meurt toutes les 10 min parce que l’aide est bloquée »

Au Yémen, l’horreur de la guerre touche principalement les enfants, qui meurent de faim et de maladie alors que des camions remplis de vivres sont bloqués dans le port d’Hodeïda.

Geert Cappelaere, le directeur de l’Unicef pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord a appelé les différents groupes en conflit au Yémen à cesser les hostilités. Lors d’une conférence de presse donnée dimanche 4 novembre en Jordanie, il a dénoncé cette guerre, entamée il y a trois ans, qui a fait du pays un « enfer sur terre pour les enfants ».

1,8 million d’enfants malnutris

Le Yémen est ravagé par une guerre qui a fait quelque 10.000 morts, selon le dernier bilan de l’ONU. Or, plus de sept millions d’enfants font face à un risque sévère de famine. Les Nations unies ont appelé les parties engagées à entamer des négociations au plus vite. Un appel à des pourparlers de paix qui a déjà échoué en septembre à Genève.

Nous avons des preuves qu’au Yémen, toutes les dix minutes, un enfant de moins de cinq ans meurt de maladies qui peuvent être soignées et de malnutrition aiguë sévère.

A alerté Geert Cappelaere. Par ailleurs, les Nations unies ont prévenu qu’environ 14 millions de personnes, soit la moitié de la population du Yémen, pourraient bientôt se retrouver au bord de la famine. Déjà 1,8 million d’enfants sont malnutris. Et plus de 400.000 d’entre eux souffrent de malnutrition aiguë sévère.

De nombreux enfants meurent de maladies évitables par la vaccination. Aujourd’hui, au Yémen, seuls 40 % des enfants sont vaccinés.

A détaillé Geert Cappelaere.

« Des scènes à briser le cœur » a-t-il déploré vendredi 2 novembre pour parler des enfants décharnés dans des hôpitaux de la ville portuaire d’Hodeïda ainsi que dans la capitale Sanaa. Les deux villes sont actuellement le théâtre de combats acharnés entre les insurgés houthis et la coalition menée par l’Arabie saoudite.

Ainsi, la rougeole, le choléra et la diphtérie sont les principales causes de moralité pour les enfants. En particulier ceux de moins de cinq ans. Plus encore en cas de malnutrition.

Des blocages au point d’entrée majeur des marchandises

Or, ces affrontements ont pour conséquence de bloquer la circulation des marchandises et des médicaments. Ainsi, sept camions transportant du matériel médical et des médicaments vitaux ont été immobilisés dans le port de la ville d’Hodeïda pendant deux semaines. Ils ont dû attendre le dédouanement après leur déchargement. Les autorités houthies n’ont finalement donné leur feu vert que ce vendredi 2 novembre.

Nous ne sommes peut-être pas encore au niveau de la famine. Mais nous ne devrions pas attendre de l’avoir déclarée pour avancer. Et faire pression sur les parties au conflit pour qu’elles mettent fin à cette guerre insensée.

A indiqué Geert Cappelaere.

De son côté, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a lancé un appel à l’arrêt des combats au Yémen. Il a parlé d’un pays « au bord du gouffre ».

Sur le plan humanitaire, la situation est désespérée. Nous devons faire tout notre possible pour empêcher que les conditions déjà désespérées ne se détériorent encore.

Publié le lundi 5 novembre 2018 à 10:42, modifications lundi 5 novembre 2018 à 10:42

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