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Guatemala : Le dictateur Efraín Ríos Montt, accusé de génocide, est mort

Efraín Ríos Montt, ancien dictateur du Guatemala dans les années 1980 est mort à 91 ans, alors que se déroulait son procès pour génocide.

Il était le symbole des années les plus sombres du Guatemala de ces dernières décennies. Efraín Rios Montt, l’ancien président et dictateur guatémaltèque est décédé dimanche 1er avril dans à l’âge de 91 ans. Jaime Hernández, l’un des avocats qui l’avait défendu durant son procès, a déclaré qu’il avait succombé à un infarctus alors qu’il était à son domicile.

Mort alors qu’il était jugé pour génocide

L’ancien dictateur guatémaltèque était actuellement jugé pour génocide après avoir échappé à une première condamnation en 2013. En effet, Efraín Rios Montt est accusé de génocide contre les populations indiennes du Guatemala. A l’annonce de sa disparition, des dizaines de familles des victimes ont manifesté pour demander justice.

En fait, nous sommes vraiment désolés qu’il soit mort.

A réagi Aura Elena Farfán, fondatrice de l’association Famdegua. Il s’agit d’une association des familles des détenus et disparus du Guatemala.

Nous ne voulions pas qu’il meure, non. Nous voulions qu’il vive, même malade comme il était, pour qu’il puisse nous dire où, quand, comment, toutes ces atrocités se sont déroulées. Qu’il s’explique par exemple, au sujet des 226 hameaux dévastés, des 45 000 disparus Guatémaltèques. Tous ces gens qui ne sont plus là. Nous regrettons que ce souhaitaient ses avocats soit finalement arrivé. C’est-à-dire qu’il est mort avant la fin de son procès. Sans qu’il ait pu être jugé, dans l’impunité…

Son procès avait lieu à huis clos en raison de son état de santé. Les médecins lui avaient diagnostiqué une démence sénile. En cas de condamnation, cela lui aurait permis de purger sa peine à son domicile ou dans un centre d’accueil.

Génocide contre les populations indiennes

Ainsi, Efraín Ríos Montt est accusé d’avoir fait raser des villages mayas durant son régime. Cet ancien militaire aurait notamment été responsable du massacre de 1.771 indigènes mayas Ixil dans le département de Quiché. Situé dans le nord du pays.

Après une carrière militaire au cours de laquelle il fut chef de l’armée du Guatemala Efraín Ríos Montt fut élu président. Une présidence de courte durée puisque le candidat de l’armée, le général Kjell Laugerud, le destitua et le poussa à l’exil. Finalement, en 1982, Efraín Ríos Montt devint président de facto après un coup d’état contre le général Fernando Luis Garcia. Son mandat fut marqué par la mise en place d’un régime militaire, la dissolution du congrès, et la suspension de la Constitution. Un régime qui fut surtout caractérisé par de nombreux massacres de la population indienne et l’anéantissement de 440 villages indiens. Des centaines de milliers de victimes furent enterrées dans des fosses communes secrètes. Par ailleurs, au nom de la contre-insurrection, soutenue par les Etats-Unis, le pouvoir avait mis en place une politique de répression systématique contre les communautés indigènes soupçonnées de soutenir les guérillas de gauche.

Efraín Ríos Montt exerça le pouvoir pendant plus de seize mois, avant d’être renversé à son tour par un coup d’état de son ministre de la Défense de l’époque, Oscar Mejia Victores le 8 août 1983. Son bref passage au pouvoir est toujours considéré comme l’un des plus violents ayant marqué la guerre civile. Celle-ci a ensanglanté le pays de 1960 à 1996 et fait plus de 200 000 morts et disparus.

Finalement, Efraín Rios Montt n’avait pas quitté la politique puisqu’il s’était présenté à l’élection présidentielle de 2003 après avoir fondé le Front républicain guatémaltèque (FRG, droite).

Publié le lundi 2 avril 2018 à 11:58, modifications lundi 2 avril 2018 à 10:50

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